Sultani Makenga a pris les rênes du M23 en 2013 après la démission forcée de Jean-Marie Runiga pour avoir volé des fonds et soutenir une faction rivale au Nord-Kivu. Depuis, Sultani gère d’une main de fer 12 ans déjà le mouvement rebelle installé à l’Est de la République Démocratique du Congo. Il est réputé au sein de ses hommes armés d’être un Commandant à caractère impénétrable, qui impose le respect à ses éléments.
Zoom sur le parcours étrange de l’homme sans oublier qu’il a servi dans l’armée rwandaise et congolaise et de s’alier aux rebelles M23. Toutes ces casquettes à lui seul dans une guerre qui dure 30 ans dejà entre le RDC et le Rwanda.
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Né dans une famille originaire de la communauté tutsie le 25 décembre 1973, Emmanuel Sultani Makenga a plutôt grandi à Bwito de Rutshuru au Nord-Kivu à l’est de la RDC, une province qu’il connaît et maîtrise aux travers des combats.
Dans sa vingtaine, il a fait ses débuts dans le camp rwandais en joignant le Front patriotique rwandais (FPR) dans les premières années de la rébellion, au début des années 1990; ensuite enrollé dans la bataillon Nguruma, une unité d’élite toujours de l’armée rwandaise durant la 2éme guerre du Congo. Il a gagné en grade en devenant Commandant d’opérations au Katanga après la bataille de Kitona en 1998.
Le destin de Sultani Makenga a commencé à être façonner autrement lorsque connu pour son caractère rebelle et insoumis, il a été arrêté deux fois en 1997 et 2004 pour insubordination aux ordres de ses supérieurs.
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Devenu très indiscret et perdant son combativité avec l’armée rwandaise, il change de camp et rejoint très vite en 2005 le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD); ensuite le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du Généra général Laurent Nkunda mixé avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en 2007. Là, il est fait Officier et a demeuré l’un des plus fidèles de Nkunda.
Pendant le mixage avec le (FARDC), Sultani Makenga fait Commandant de la Brigade mixte Bravo en 2007, a été tenu responsable des massacres d’au moins 15 personnes à Buramba. A la fin du mixage, Sultanie a évolué sous le CNDP et a été promu au rang de chef d’état-major adjoint.
En 2009, à la suite de la conférence de paix de Goma qui a réuni le gouvernement congolais, la société civile locale et des groupes armés, Nkunda a déplacé son quartier général à côté de celui de Makenga à Rutshuru, le Général Nkunda va être arrêté par les dirigeants rwandais en janvier 2009, dans le cadre d’un accord secret entre le Congo et le Rwanda.
Makenga a donc fait partie des membres du CNDP à signer un accord mettant fin aux hostilités avec le gouvernement de la RDC en janvier 2009. Après la chute du CNDP et la signature d’un accord de paix, Sultani Makenga se range et intègre l’ armée congolaise.
Des FARDC, il est passé au M23 en faisant défection au sein de l’armée congolaise en 2012 où il a été élevé au rang de Général, peu de temps après sa nomination au poste de Commandant du M23.
Dirigeant le mouvement rebelle depuis 12 ans, Sultanie Makenga n’a qu’une éducation scolaire élémentaire. Cela ne l’a pas empêché de se faufiler entre les armées étatiques ou rebelles et occuper des postes de Général et de Commandant. Pour ses frères d’armes, « l’homme est très doué pour monter des embuscades ».
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De la même façon qu’il se positionne en ligne de front de guerre, faisant face à l’ennemi, c’est de cette même manière son nom est en première sur la liste rouge de l’ONU. L’organisation internationale a exigé bien avant la prise de la ville de Goma, le retrait immédiat du M23 de Goma, la dissolution immédiate et définitive et le dépôt des armes en vain.
Le Comité des sanctions de l’ONU pour la RDC a tenu Sultani Makenga responsable de « meurtres et mutilations, violences sexuelles, enlèvements et déplacements forcés» contre la population de la RDC et le recrutement d’enfants soldats et des campagnes de violence contre les civils.