La situation à l’Est RDC avec le M23 s’envenime avec une pléiade de protagonistes tout autour, mais aucune issue à la crise en vue. Les appels aux pourparlers, aux cessez-le feu ne font pas bouger les lignes, le M23 contrôle toujours les deux provinces de Kivu. Par contre, les sanctions américaines contre le général rwandais James Kabarebe ont fait réagir Paul Kagame, pendant ce temps Joseph Kabila se prononce.
Le trésor américain a pris la décision de sanctionner le général James Kabarebe, ex ministre rwandais de la Défense et l’actuel ministre pour l’Intégration régionale, au motif qu’il assure la liaison entre le Rwanda et le Mouvement rebelle M23 qui opère à l’Est de la RDC.
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La communauté internationale qui s’est toujours posé la question – qui soutient financièrement le M23? qui procure les armes sophistiquées aux rebelles?- a finalement trouvé son cible en la personne de Kabarebe accusé de gérer une grande partie des revenus provenant des exportations de minerais du Congo et d’être une personnalité politique et militaire de premier plan qui joue un rôle essentiel dans les conflits en RDC ces trois dernières décennies.
Ces décisions de Washington qui demandent au Rwanda d’arrêter son soutien au M23, ont sonné comme des gongs dans les oreilles du président rwandais Paul Kagame qui a toujours nié l’implication de son pays dans la crise congolaise. « Les sanctions sont injustifiées et infondées », a déclaré la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, avant d’ajouter que « la communauté internationale devrait soutenir et non saper les efforts en cours dans la région pour trouver une solution politique et ne contribue pas à la paix et à la stabilité à long terme pour tous les pays de la région des Grands Lacs ».
Elle affirme en outre que les forces rwandaises agissent en état de légitime défense dans la région contre les troupes et les milices congolaises qui ont uni leurs forces avec les rebelles hutu, les mêmes auteurs du génocide rwandais de 1994 et qu’il défend son territoire.
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Les sanctions concernent aussi Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23 qui est à la tête d’une société enregistrée au Royaume-Uni et une autre en France. Par conséquent, Washington a décidé de geler des avoirs que détiennent ces accusés directement ou indirectement dans les entreprises visées aux Etats-Unis, d’interdir aux citoyens américains de commercer avec ces cibles des sanctions au risque d’être sanctionnés à leur tour.
Kinshasa a joyeusement salué les sanctions américaines contre ceux que la RDC appelle les ennemis de la République et attend des sanctions plus robustes à leur encontre. La jubilation du gouvernement congolais a été de courte durée avec la sortie de l’ex-chef de l’Etat Joseph Kabila qui affirme que son successeur Félix Tshisekedi est responsable de la détérioration de la crise à l’Est de la RDC.
Kabila accuse le président congolais d’être le « maître absolu du pays », qui muselle l’opposition en ayant recours à « l’intimidation, aux arrestations arbitraires et aux exécutions sommaires et extrajudiciaires ».
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« Les combattants du M23 ont rapidement progressé au cours des dernières semaines et contrôlent désormais de larges pans de la partie orientale de la RDC, riche en ressources naturelles, et l’on craint que le conflit ne s’étende au-delà de ses frontières. Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Tshisekedi en 2019, la situation en RDC s’est détériorée au point d’être « proche de l’implosion. L’élection de décembre 2023 qui a donné un second mandat à M. Tshisekedi à la suite d’une victoire écrasante était un « simulacre », a déclaré Kabila.
Il a ajouté : « Les innombrables violations de la Constitution et des droits de l’homme, ainsi que les massacres répétés de la population par la police et les forces militaires de Tshisekedi ne cesseront pas après l’aboutissement des négociations entre la RDC et le Rwanda ou la défaite militaire du M23. Si l’on ne s’attaque pas à cet aspect des troubles en se concentrant uniquement sur le M23, les troubles politiques et les conflits armés, voire la guerre civile, se poursuivront ».
Pour bon nombre d’experts de la vie socio-politique du pays, la sortie de Joseph Kabila n’est qu’un simulacre pour se présenter comme le « messie » à la crise de l’Est. Ils avancent que l’ex président avec ses déclarations incendiaires tâte le terrain politique et envisage un retour aux affaires.
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Mais si on remonte le temps, l’histoire révèle que le Mouvement M23 est né sous le régime de Joseph Kabila (2001-2019) après l’échec de l’intégration à l’armée des hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).
Il faut le rappeler, le M23 a repris les combats deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Etienne Tshisekedi. En l’espace d’un mois, il a fait tomber le Nord Kivu et Sud Kivu. Le bilan est aussi dramatique. Au moins 7 000 personnes mortes, près de 450 000 déplacés depuis janvier dans les combats dans l’est du pays.