Le « tout nouveau civil gabonais », Brice Clotaire Oligui Nguema est officiellement candidat à l’élection présidentielle du 12 avril prochain pour, selon de nombreux observateurs, « garder » le fauteuil présidentiel arraché au clan Bongo par un coup d’Etat militaire en août 2023. Est-il possible d’envisager une défaite de l’ex militaire héros de la fin du règne de la dynastie Bongo ?
Il faut croire qu’en Afrique la parole d’un militaire est beaucoup plus légère qu’une plume d’oiseau. Les exemples de « Chefs d’Etats » avec un statut de militaire ayant d’abord promis de quitter le pouvoir mais le conservent par-dessus tout, sont légions sur le continent. Et le Général Brice Clotaire Oligui Nguema a intégré ce cercle en reniant sa déclaration de laisser le pouvoir aux civils au terme de la transition dont il est à la tête.
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Après avoir annoncé officiellement sa candidature le 03 mars dernier, Oligui Nguema s’est débarrassé de sa qualité de militaire en demandant une mise en indisponibilité auprès du ministre de la défense qui le lui a accordé. Encore faut-il que ledit ministre ait eu un autre choix que d’accepter cette demande !
La Cour Constitutionnelle du Gabon a entériné la candidature de l’ex Général ce 09 mars 2025 aux côtés de 3 autres candidats dont deux ex collaborateurs d’Ali Bongo.
Quand on analyse l’écosystème politique du Gabon actuellement, la grande surprise serait que Brice Clotaire Oligui Nguema ne soit pas élu au terme du processus électoral en cours. Puisqu’il a toutes les manettes à sa disposition.
Depuis le coup d’Etat militaire d’Août 2023, soit plus de 19 mois, le désormais « ex militaire » est au commande du pays. Quand on sait la manière dont les élections se déroulent dans les Etats africains notamment francophones, cette position est un avantage par rapport aux autres candidats.
Outre ce fait, il bénéficie de ce statut de « tombeur » du clan Bongo et met déjà en exergue les réalisations concrétisées durant la transition : construction de routes, dynamisation du transport.
Par ailleurs, ses principaux challengers, notamment l’ex premier ministre d’Ali Bongo, Claude Bilie By Nze ont ce boulet d’avoir collaboré avec la dynastie Bongo. Une partie de l’opinion nationale gabonaise ne souhaite évidemment avoir un retour du système du Parti Démocratique Gabonais (PDG) au pouvoir.
Par conséquent, la présidentielle du 12 février 2025 apparait comme une sorte de formalisation démocratique du « Putsch » d’août 2023 afin de permettre à l’ex Général Brice Clotaire Oligui Nguema une poursuite tranquille de l’exercice du pouvoir auquel il a gouté.
L’exemple du processus en cours au Gabon ramène une question essentielle aux coups d’Etats militaires en Afrique. Est-ce qu’un militaire, auteur de coup d’Etat, est capable de remettre le pouvoir politique aux civils après une transition et rejoindre sans bruit la Grande muette ?