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Ghana- Près de 500 femmes accusées de sorcellerie séquestrées dans des camps

by Cidi B
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Communément appelés « camps de sorcières », ils sont au nombre de cinq dispersés sur le territoire ghanéen et abritent des centaines de femmes. D’après Amnesty International, elles sont « visées par les accusations de sorcellerie qui les obligent à s’exclure de la société, en vivant souvent dans des conditions misérables ». L’ONG mène une rude bataille afin d’obtenir leur réintégration dans leurs villages d’origine. Pour elle, le gouvernement ghanéen joue aux absents dans cette lutte.

Au Ghana, précisément au nord du pays, se trouvent des camps informels où les personnes, spécialement des femmes âgées, accusées de sorcellerie par leur proches, vivent recluses avec un accès insuffisant aux services de santé, à l’alimentation, à un logement sûr, à l’eau propre et à des opportunités économiques. Elles fuient leur communauté pour se réfugier dans ces camps dirigés par des leaders religieux.

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Du jour au lendemain, tout bascule dans la vie de ces femmes sur la base d’un rêve ou d’une simple suspicion d’un proche. « Mon voisin a dit qu’il avait rêvé  que j’essayais de le tuer. Il ne veut pas de moi dans la communauté, c’est pourquoi il m’a accusée », a déclaré Fawza, résidente du camp de Gnani.

Elle n’est pas la seule à être injustement accusée de la pratique de la sorcellerie. Fatma qui vit dans le camp de Kukuo a aussi déclaré : « J’ai refusé que le chef [du village] épouse une de mes filles. Un jour, un enfant est tombé malade dans la communauté et le chef m’a accusée ».

Dans le même camp, une autre dame âgée d’une soixantaine d’années a déclaré : « Ils s’arrangent toujours pour porter des accusations contre vous, surtout si vous travaillez dur, si vous restez forte et si vous vous débrouillez bien en tant que femme ».

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La situation inquiète Amnesty International qui dénonce de graves violations des droits humains. Malgré les appels à l’aide, force est de constater, dixit l’ONG, que le gouvernement peine « à respecter et protéger les droits humains de centaines de victimes d’accusations de sorcellerie et d’attaques rituelles contraintes de fuir leurs communautés par peur pour leur vie ».

L’ONG espère plus d’actions du gouvernement. En effet, en 2023 sous l’ex président Nana Akufo-Addo, le parlement a adopté un projet de loi criminalisant les accusations de sorcellerie, mais le texte n’a jamais été promulgué.

Amnesty International réclame de la part du gouvernement ghanéen « une stratégie de campagne à long terme visant à sensibiliser, des programmes de réintégration de femmes dans les communautés touchées, et une protection pour les personnes ayant subi des atteintes en raison des accusations dont elles ont fait l’objet ». 

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Elle plaide donc pour un cadre juridique spécifique pour lutter contre cette pratique néfaste. « Les autorités doivent adopter une législation qui criminalise spécifiquement les accusations de sorcellerie et les attaques rituelles et prévoir des mesures de protection pour les victimes potentielles », a déclaré Genevieve Partington, directrice nationale de Amnesty International Ghana et membre de la Coalition contre les accusations de sorcellerie, une association créée à la suite du lynchage d’une femme âgée de 90 ans en juillet 2020.

D’après Michèle Eken, chercheuse senior à Amnesty International, « les accusations de sorcellerie et les abus qui en découlent portent atteinte au droit à la vie, à la sécurité et à la non-discrimination. Cette pratique profondément enracinée et répandue est à l’origine de souffrances et de violences indicibles. Si la croyance en la sorcellerie est protégée par le droit international, les pratiques néfastes qui en découlent ne le sont pas ».

Lors de ses visites dans différents camps, Amnesty International a estimé une population de près de 500 femmes occupant ces lieux dans des conditions misérables.

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Elle juge que c’est une situation d’urgence et qu’elles ont besoin de protection et de réparation. Il est temps pour le gouvernement ghanéen d’agir avec vigueur et rigueur.

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