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Togo- Plus de 4 milliards de francs CFA du projet PEAT en faveur des populations qui continuent de boire la boue

by L'Alternative
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Aucune région du Togo n’est épargnée par les problèmes d’accès à l’eau potable et d’insalubrité. Pourtant, les partenaires économiques européens avaient depuis 2021, à travers le Fonds Européen de Développement (FED), initié le Projet d’Eau et d’Assainissement du Togo (PEAT) visant à approvisionner les populations d’eau potable. Au total plus de 4 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour le volet « eau » de ce projet. Un audit technique des ouvrages exécutés dans le cadre dudit projet montre que les milliards de francs CFA reçus de l’Union Européenne ont servi des intérêts autres que ceux des populations.

Le Projet d’Eau et d’Assainissement du Togo (PEAT) a certainement intégré la longue liste des projets financés par les partenaires économiques du Togo et engloutis par la corruption et l’incompétence des dirigeants du pays.

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Le PEAT, à l’origine, est un projet initié pour pallier aux problèmes nés dans le secteur « Eau » et « Assainissement ». Au cours de l’année 2021, les zones prioritairement ciblées sont les Chefs-lieux des Régions des plateaux et des Savanes à savoir Atakpamé et Dapaong.

L’objectif général du PEAT est de mettre en œuvre la réalisation d’investissements couvrant des adductions d’eau potable, des infrastructures d’assainissement domestique et l’amélioration de la gestion des déchets solides.

La structuration du PEAT n’était pas complexe. Le financement provient de l’Union Européenne. L’exécution des ouvrages comme des structures d’adduction d’eau potable, des canaux d’évacuation d’eau de pluie (caniveaux), latrines publiques sont confiées à des entreprises privées de BTP et des bureaux d’études comme CENTRO SA, le groupement CETA/MRJF, PFEIFFER, DECO-IC, AGECET-BTP.

Dans ce schéma, une société d’Etat au capital de 10 milliards a joué un rôle fondamental en qualité maitre d’œuvre délégué : la Société de Patrimoine Eau et Assainissement en milieu Urbain et semi-urbain (SP-EAU).

Et s’agissant d’un projet à caractère social et public, le ministère de l’Eau et de l’Hydraulique Villageoise et le ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires chapeautent les travaux.

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Au sein d’un Etat bien gouverné avec des dirigeants sérieux, cette structuration aurait certainement abouti à des travaux exécutés avec diligence et efficacité. Et en cas de défaillance, les responsabilités des acteurs seraient évidemment engagées.

Malheureusement, la gouvernance de Faure Gnassingbé est un nid de corruption, de détournement de fonds publics et d’impunité.

La composante « eau » du PEAT a mobilisé un montant de 462 540 230 F CFA pour Dapaong et une somme de 4 077 395 133 F CFA pour Atakpamé.

Un audit technique des ouvrages réalisés révèle que malgré la disponibilité du financement et le recrutement de maitres d’ouvrages délégués, plusieurs manquements, inéligibilités et non conformités ont été décelés.

Même si l’audit technique n’énumère pas les causes de ces manquements, il ne faut pas être un génie pour se rendre compte que les fonds mis à disposition ont été détournés à d’autres fins.

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En guise d’illustration, la mission d’audit note des « désordres observés » sur les travaux de réhabilitation du barrage de Dalwak et de construction d’ouvrages de franchissement à Dapaong :

  • longueur de caniveau réduite : 105 m au lieu de 120 m payés dans les décomptes reçus
  • absence de dallettes sur les caniveaux neufs alors que les clauses contractuelles prévoient des caniveaux 140 x 70 cm, épaisseur 15 cm avec des dallettes dont le coût est de 130 000 F CFA par mètre linéaire.

Cela montre clairement que les entreprises ont reçu des décomptes pour des travaux qu’elles ont mal exécutés. D’où des questions évidentes : où sont passés les milliards de francs CFA décaissés par l’Union Européenne pour la réalisation de ces ouvrages censés résoudre les problèmes d’accès à l’eau potable dans ces régions ?

C’est un secret de polichinelle que le secteur des Travaux publics au Togo est totalement gangréné par la corruption à tous les niveaux. Des personnes responsables des marchés publics jusqu’aux représentants du gouvernement censés viser les procès-verbaux de réception des ouvrages, la corruption et la collusion sont devenues les normes.

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Au-delà des entreprises attributaires des marchés liés au PEAT, ne convient-il pas de questionner les ministres de tutelle de ce projet notamment le ministre de l’eau et de l’hydraulique villageoise et son collègue du ministère de l’Administration territoriale ? Quelle est la responsabilité de la SP-EAU, cette société d’Etat en charge du contrôle de la grande partie des travaux ?

Quand on observe les difficultés de populations togolaises à avoir accès à l’eau potable alors qu’un projet tel que le PEAT a été pensé, financé pour pallier à ce problème, il n’y a pas de doute que la gouvernance de Faure Gnassingbé est un échec total.

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A travers deux articles qui seront publiés très prochainement, la rédaction de L’Alternative exposera explicitement les détails du projet PEAT Phase 1 à Dapaong, Chef-lieu de la Région des Savanes puis à Atakpamé, Chef-lieu de la Région des Plateaux.

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