Home Société Togo- Monsieur le ministre, et si votre gouvernement devenait responsable une fois…

Togo- Monsieur le ministre, et si votre gouvernement devenait responsable une fois…

by Isidore kouwonou
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Des esprits avertis n’ont de cesse depuis quelques années, d’alerter les dirigeants togolais du danger que constituent les boissons énergisantes, les liqueurs frelatées ou les médicaments psychoactifs pour les populations togolaises, notamment les jeunes. La solution simple pour voler au secours de cette population vulnérable est d’arrêter le mal par la racine, c’est-à-dire trouver d’où proviennent ces boissons et suspendre la chaîne. Cette responsabilité incombe donc aux dirigeants qui connaissent bien les sociétés qui importent ces « merdes ». C’est tout de même curieux que dans un communiqué rendu public ce jour, le gouvernement rejette la faute sur la jeunesse qu’il tient pour responsable du phénomène.

Reconnaître qu’on a failli à ses responsabilités et se résoudre à reprendre les choses en main, est déjà un pas vers la sagesse. Et ce sont des hommes de poignes qui prennent ce chemin. Malheureusement, on constate une fois encore aujourd’hui que ceux qui s’imposent à la tête du Togo sont loin de faire cette réflexion et partir sur de nouvelles bases.

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Dans son communiqué, le ministre de la Santé reconnaît qu’il y a des boissons énergisantes, des liqueurs artisanales, de substances de diverses natures et des médicaments psychoactifs qui inondent le marché togolais. Et ces boissons et substances qui « constituent une véritable menace pour la santé publique » sont consommées par la population togolaise, notamment les jeunes.

« Ces pratiques souvent banalisées, détruisent progressivement l’organisme. Elles fragilisent le cœur, le foie, les reins et le cerveau, favorisent l’apparition des maladies chroniques, réduisent l’espérance de vie et compromettent l’avenir des plus jeunes notamment », indique le communiqué.

Et donc le gouvernement montre clairement qu’il est au fait du phénomène qui décime la population. Mais reste suffisamment incapable de couper la racine du mal. Qui font venir ces boissons énergisantes et autres substances psychoactifs sur le territoire togolais ? Le gouvernement est-il innocent ?

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« Be Stronger », une boisson énergisante est distribuée à Lomé par une société (dont nous taisons le nom) située en face d’Ora Bank du grand marché de Lomé. La publicité de cette boisson (dont on vante les mérites aphrodisiaques) passe en boucle sur tik tok avec le numéro de téléphone de la société.

Une autre est visible sur le net, située sur la rue du commerce, toujours au grand marché de Lomé, et qui se tape la distribution des boissons énergisantes, notamment Flash, Red Bull, Sunset, Vody, etc. ces breuvages incriminés par le ministre de la Santé.

Encore une autre qui, d’après nos recherches, est enregistrée au Centre de formalité des entreprises (CFE Togo) et vend du café, du thé et leurs dérivés avec des boissons énergisantes. Le nom même de cette entreprise « Ango Power » est révélateur du désastre que ces substances pourraient occasionner au sein de la population.

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D’autres produits comme « Clue Energy Drink » qui a débarqué à Lomé en 2024, dont on dit qu’il va révolutionner le marché des boissons énergisantes au Togo, ou un certain « Kabisa » qui se réclame le meilleur des boissons énergisantes au Togo…

Plusieurs autres boissons que nous nous gardons de citer les noms font leur apparition sur le marché et sont consommées sans modération par la population. Surtout qu’une campagne publicitaire démesurée accompagne ces produits sur les réseaux sociaux et même dans les médias classiques qu’on dit contrôlés par la Haute autorité de régulation de la communication au Togo (HARC).

Toutes ces sociétés de distribution opèrent au nez et la barbe des autorités togolaises qui laissent ces produits entrer sur le territoire. Nombre de ces sociétés qui importent et commercialisent ces boissons appartiennent aux barons du régime ou à leurs proches. C’est pourquoi ces substances ou boissons pullulent dans les marchés du pays et dans les petites boutiques qu’on trouve dans les coins et recoins des quartiers de Lomé et des villes de l’intérieur du pays.

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C’est clair aujourd’hui. On ne peut pas résoudre le problème par un communiqué accusant la jeunesse de sombrer dans la consommation de ces boissons et autres substances psychoactifs importés dans le pays. Interdire l’importation de ces « merdes » et mettre en garde ces sociétés et d’autres commerçants véreux pourraient être le début de solution à ce mal qui gangrène la société togolaise.

C’est vrai, la jeunesse doit se ressaisir et éviter la consommation de ces produits. Mais le gouvernement doit également faire siennes les « habitudes responsables » que demande le ministre de la Santé à ces jeunes. Fermer les yeux sur ces importations et protéger les responsables de ces sociétés de distribution est une attitude irresponsable.

Au Burkina Faso par exemple, les autorités ont interdit ces genres de boissons qui n’arrivent plus dans le pays. Il y a quelques jours, les autorités nigérianes ont saisi un véhicule transportant des cartons de tramadol en provenance du Togo. Ce qui montre que non seulement le pays que prétend diriger Faure Gnassingbé participe à répandre le mal au sein de sa propre population, mais également l’exporte et menace la santé des citoyens des pays voisins.

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Il ne s’agit pas seulement d’appeler la jeunesse à privilégier la consommation de l’eau, à faire des activités physiques, à consommer des aliments sains et éviter de prendre ces substances. Il faut endiguer le mal à la source, monsieur le ministre.

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