Le 28 septembre 2026, un nouveau projet d’alimentation en eau potable a été officiellement lancé à Kara, dans le nord du Togo. Porté par la Société togolaise des eaux (SP-EAU), le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Kara et ses environs ambitionne d’améliorer la desserte en eau d’une agglomération confrontée depuis plusieurs années à une pénurie persistante.
Financé par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et la Banque islamique de développement, le projet est évalué à 27 milliards de francs CFA. Dans la Kozah, son lancement a été accueilli avec soulagement. Des populations ont même dansé au moment du coup de pioche donné par le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement.
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Mais, au-delà de la cérémonie pompeuse de premier coup de pioche, n’est-il pas temps de se demander combien de projets faudra-t-il encore lancer et combien de milliards investir avant que les habitants de Kara ne disposent durablement d’eau potable ?
On a déjà assisté à ce folklore pour de projets de même envergure. Ce nouveau chantier est loin d’être le premier à être présenté comme une réponse au déficit hydrique de la ville.
En 2020, le Projet eau et assainissement au Togo, phase 2 (PEAT 2), financé par l’Union européenne, prévoyait notamment la construction d’une nouvelle chaîne de traitement d’eau potable afin d’accroître la capacité de production, le curage de la prise d’eau ainsi que le remplacement des vannes. Les travaux, annoncés pour une durée de douze mois, se sont prolongés bien au-delà du calendrier initial.
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À l’arrivée, une autre limite est apparue : la capacité du barrage de la Kozah à fournir les volumes d’eau nécessaires à l’alimentation de la ville. Autrement dit, augmenter les capacités de traitement ne suffit pas lorsque la ressource disponible demeure insuffisante.
Avant même ce projet, les autorités avaient déjà annoncé d’autres investissements. En mai 2019, le ministre de l’Équipement rural et de l’Hydraulique villageoise indiquait que Kara avait bénéficié de quatre forages à gros débit pour « renforcer la couverture en eau de sa ville ». Il annonçait également d’autres travaux destinés à « autonomiser les structures à forte consommation d’eau de la ville de Kara ».
Ces différentes interventions n’ont pourtant pas mis fin aux difficultés d’accès à l’eau.
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En décembre 2025, un nouveau chantier était lancé : la construction de 150 forages destinés notamment à soutenir l’alimentation du barrage de la Kozah et à améliorer la desserte en eau dans les quartiers et cantons de la commune. L’objectif affiché était, là encore, de renforcer durablement l’approvisionnement de la population.
Et voilà qu’en septembre 2026, un nouveau projet de 27 milliards de francs CFA entre en scène.
Cette succession de programmes pose moins la question de la volonté d’investir que celle de l’efficacité et de la durabilité des investissements consentis. Les annonces, les financements et les cérémonies de lancement se succèdent, tandis que le manque d’eau continue de faire partie du quotidien d’une partie des habitants de Kara.
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La situation interroge la capacité à planifier les besoins réels de la ville, à sécuriser durablement la ressource, à achever les ouvrages dans les délais et surtout à garantir que les investissements réalisés produisent effectivement les résultats annoncés.
Car au-delà des milliards mobilisés, l’indicateur le plus concret reste l’accès de la population à l’eau potable. Or, plusieurs années après les premiers projets annoncés pour renforcer la desserte, la question demeure entière.
Le nouveau projet pourra-t-il, cette fois, mettre durablement fin à la pénurie d’eau à Kara ? Il faudra attendre sa mise en œuvre et surtout ses résultats pour le savoir.
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En attendant, le contraste entre l’ampleur des investissements annoncés et la persistance des difficultés d’approvisionnement nourrit une interrogation devenue récurrente dans la ville.
François BANGANE