« Ce serait une erreur de croire que les choses finiront par des chants et des apothéoses ».
Dans Les Châtiments, Victor HUGO nous montre que tout ce qui perdent pieds dans le bon sens, l’éthique, la morale par leur singulière volonté de puissance périclitent dans la caverne de l’ignominie et se hissent dans un piteux engloutissement.
Sous Macky Sall, le « mendiant de blé », comme le désignent avec froideur et mépris, le jeune Ibrahim TRAORE et Alpha BLONDY, le monde n’a jamais vu le Sénégal aussi éclaboussé par l’infamie, l’opprobre, les salissures, les aberrations politico-judiciaires, les crimes de sang de la répression des appareils de violence l’Etat, des drames de l’immigration…
Cette chute de l’image du Sénégal, de son triomphe démocratique, de l’édifice humain qui le borne l’a sorti promptement de la civilisation.
Le monde de l’intelligentsia, du droit et de la citoyenneté patriotique ne nous comble-t-il pas d’espérance en mettant des brides à un homme faussement légal dans ses piètres objectifs, légitimement creux et lourdement indigent en éthique politique ?
Gouverner, ce n’est nullement prendre ses rêveries solitaires pour des dogmes d’évolution avec quelques miséreux courtisans avide du bien-être personnel. Aucune autorité politique ne se construit sans une ancre posée dans les valeurs, la rectitude, la justice, l’éthique et le respect de l’humain-patron. Macky SALL est dans la pire confusion du sens de l’autorité. Ce n’est pas l’exercice brutal des appareils de répressions de l’Etat qui tisse l’autorité. Seule la leçon permanente distillée sur les valeurs est susceptible de tricoter le respect, l’exemplarité, l’autorité. La confusion monstrueuse de Macky SALL entre l’autorité et l’autoritarisme lui prépare indubitablement une sépulture indécente. Quelle leçon de grandeur les Sénégalais, l’Afrique et le monde peuvent-ils retenir de Macky SALL ?
Même une prestidigitation dans la tolérance ne lui accorde un micron de positivité en matière des valeurs. Le bénéfice du suffrage universel n’est d’aucune garantie d’autorité et de légitimité. La légitimité non protégée, non assurée s’érode, s’effiloche et disparaît. L’autorité s’impose d’elle-même par l’exemplarité qu’inspirent les gouvernants. Tous ceux qui se prévalent d’une légitimité et d’une autorité pour se livrer à des transgressions au mépris du peuple reçoivent tôt ou tard la sentence implacable du peuple divin. La superpuissance est un terrible leurre, un somnambulisme politique qui se règle avec un coup de massue qui brise les chaînes, du viol, de la violence. Les roitelets ont beau se perdre dans leur empire d’autoritarisme, l’ordre est toujours le plus fort et il finit par mettre le pays, la République à l’endroit. Cette vérité historique est au galop du Sénégal; elle enterre sans pitié l’homme qui gère le Sénégal comme s’il était dans un maquis. Octave MIRBEAU a juste dit dans Le Journal d’une femme de chambre : « Si extrêmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens ».
L’éthique politique en torchon chez un prétendu leader politique n’est que ruine de la République, une sérieuse mise en danger de la vie des citoyens. Sous quel prétexte juridique et en vertu de quelle éthique l’université Check Anta DIOP peut être condamnée à la fermeture neuf mois durant ? Il faut être au service de la formation des compétences pour conduire la destinée des peuples. Le respect de l’esprit est la première marque d’humanité et le trait signalétique de la grandeur, de l’art politique. A juste titre, Jules MICHELET dans son œuvre Le peuple écrit : « Quelle est la première de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation ».
Macky SALL a frappé le monde de la stupeur par ses exploits à rebours. Il a jeté en prison plus de mille six cent contestataires ou manifestants qui ne supportent pas la dégringolade démocratique, politique et civique d’un pays qui est le leur. Le Sénégal est devenu une foire aux sottises, une mer de misère politique, sociale, éthique qui ne peuvent que flétrir l’honneur et le respect du pays. Quand l’ordre des valeurs est inexistant dans la gouvernance, le crime est facile, le viol est permanent et la République s’installe dans la platitude indigeste, dans l’horreur. Combien sont-ils, ces jeunes sénégalais assassinés lors des manifestations contre la chute du sens de Macky SALL ?
Celui qui a levé toute une armée pour chasser Yahya JAMMEH du pouvoir, l’empêcher par tous les moyens de transgresser les règles, celui qui trouvait inacceptable que WADE fasse un jour de plus au palais, une fois assis dans son fauteuil, s’octroie une licence au mépris de l’expression citoyenne, du droit de vivre, de la sentence du Conseil Constitutionnel. Spécialiste des bricolages politiques pour conserver le pouvoir au gré de son bon-vouloir, il ignore qu’il y a un tact éthico-moral qui s’étend à tous nos actes pour demeurer dans la République, dans la grandeur.
Le Conseil constitutionnel a pris une grande responsabilité à laquelle adhère la grande majorité des Sénégalais, d’Africains et des observateurs hors de notre continent pour frapper un grand coup sur la tête de l’homme imbu de lui-même et engoncé dans un principe de rêve. Ce que le Sénégal lui refuse, ce que le Conseil Constitutionnel lui interdit, Macky SALL veut encore passer outre par un subterfuge minable de dialogue avec des candidats déclarés à la présidentielle. Visiblement, Macky SALL se prête à des clichés coloniaux sur le type nègre, celui de la « mentalité prélogique » de Lévy Brühl et celui que René DUMONT dans L’Afrique noire est mal partie développe avec un regard acide sur le sens de la responsabilité du nègre : « Quand un nègre détient une parcelle de responsabilité, il devient dangereux pour ses semblables ».