Convoqué par la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) de la Police nationale dans le cadre d’un article publié dans son journal « La Dépêche » intitulé « L’assassinat crapuleux du Colonel Madjoulba, et si le Général Félix Kadangha Abalo était le capitaine Dreyfus du Togo », le journaliste Apollinaire Mewenemesse (71 ans) est actuellement détenu à la prison civile de Lomé, après avoir passé trois jours en garde à vue.
C’était dans la soirée du 28 mars dernier que le juge d’instruction a décidé du sort du Directeur de publication du journal « La Dépêche », Apollinaire Mewenemesse, en décernant un mandat de dépôt contre lui. Au total, sept chefs d’accusation sont retenus contre le doyen (sic) de la presse togolaise, notamment « faux et usage de faux, diffusion de fausses nouvelles, atteinte à l’honneur, offense au chef de l’État, injures aux cours et tribunaux ».
Dans la foulée, Apollinaire Mewenemesse a été reconduit dans les locaux de la BRI pour y passer une dernière nuit, avant d’être déféré à la prison civile de Lomé le lendemain.
Aujourd’hui, le 8 avril 2024, le journaliste septuagénaire passe son 12e jour à la prison civile de Lomé, loin de sa famille. Les appels de Reporters Sans Frontières (RSF) exigeant sa libération restent sans suite, comme cela a toujours été le cas sous le régime de Faure Gnassingbé.
Faut-il le préciser, au Togo, l’exercice du journalisme critique et d’investigation rime avec la prison. Cela fait déjà trois journalistes togolais incarcérés en moins de six mois. En 2023, les confrères Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou du journal d’investigation et d’analyse « L’Alternative » ont été condamnés à deux ans de prison ferme par « contumace ». Les deux journalistes ont été contraints de quitter le pays, un mandat d’arrêt est lancé contre eux.