Home Société Togo- inondations : Un seul centre pour accueillir des sinistrés de 13 communes

Togo- inondations : Un seul centre pour accueillir des sinistrés de 13 communes

by Kokou Mawupédzro
2,9K vues 5 minutes de lecture
Inondations à Lomé

Un seul centre pour sinistrés de 140 chambrettes pour un Grand Lomé composé de 13 communes. Le gouvernement togolais se moque véritablement de sa population. Surtout que ce centre situé à Agoè-Logopé, est loin des habitants d’autres communes qui, déjà sinistrés, doivent faire des dizaines de kilomètres pour le rallier, encore qu’ils y trouvent de la place. Pourquoi ne dote-t-on pas chaque commune de site d’accueil de sinistrés quand on sait que c’est toute la capitale qui est inondée ?

Cela fait déjà quelques semaines que la région Maritime et le Grand Lomé subissent les affres de l’inondation. Les précipitations de ces derniers jours ont plongé de nombreux quartiers de la capitale togolaise dans le chaos, causant des dégâts considérables et laissant des centaines de familles sans abri. Malgré l’urgence de la situation, l’absence de mesures concrètes de la part des autorités est aussi flagrante qu’inacceptable.

Lire aussi : Inondations  à  Lomé : Le gouvernement  accuse les populations et la nature

C’est un véritable calvaire que vivent actuellement certains habitants de la capitale, surtout ceux des quartiers Adidogomé, Agoè, Avédji, Ségbé, Awatamé, Baguida, Avepozo, Adakpamé, Kagnikopé, Zorro-bar, etc. Ces zones sont à éviter en cette période de pluie. Dans la plupart de ces quartiers, ce sont les bassins de rétention d’eau, construits à coût de milliards de nos FCFA, qui sont à l’origine de ces inondations. Ces retenues d’eau construites sans aucune étude préalable, débordent désormais à chaque goutte d’eau.

Des maisons inondées. Des populations étaient obligées de quitter leurs lieux d’habitation. Des familles entières forcées de trouver refuge dans les cours d’établissements scolaires, faute de mieux. Les enfants, déjà privés d’un environnement stable, doivent maintenant composer avec l’insécurité et l’insalubrité. Dans certains quartiers, les populations tentent de trouver des solutions par elles-mêmes, mais c’est sans succès.

Plutôt que de venir en aide aux sinistrés, le gouvernement les accuse de construire dans des zones inondables et blâme la nature (sic).

Jusqu’à présent, la seule action gouvernementale a été de créer un comité de suivi, qui a simplement inspecté quelques bassins d’eau sous la supervision du ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, le 8 juin dernier. Et c’est tout.

Lire aussi : Togo- Le désordre créé par Aboka Kossi dans Golfe 5 le met-il vraiment mal à l’aise ?

A Agoè-Logopé, un seul site pour accueillir les sinistrés ?

Nous ne sommes qu’au début de la saison pluvieuse, et avec le phénomène El Niño, la situation risque de s’aggraver dans les prochains jours. Tout le Grand Lomé risque de devenir une cité lacustre, surtout que la ville n’est équipée d’aucun système d’évacuation d’eau. Le comble, le gouvernement ne semble pas prendre la mesure de la situation.

Actuellement, il n’existe qu’un seul site pour accueillir les sinistrés du Grand Lomé. Il s’agit du site d’Agoè-Logopé, construit en 2010 à plus 55 millions de dollars US. Ce centre disposerait de 14 bâtiments électrifiés avec 140 chambrettes équipés en tables, chaises et lits.

Avec une population 2,18 millions d’habitants, dont la majorité vit dans des quartiers sujets aux inondations, la présence d’un seul site d’accueil des sinistrés doté seulement de 140 chambrettes est clairement insuffisante. De surcroît, ce centre est situé loin du centre-ville, ce qui aggrave la situation pour les populations affectées.

Par exemple, les sinistrés dans la commune de Golfe 6, doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour accéder à cet établissement.

Lire aussi : Togo- CEET: usagers des cash power bientôt dans le noir, ce qu’il faut savoir

Sous d’autres cieux, la gestion des sinistrés est exemplaire lorsque les communes entrent en action. Dès qu’une catastrophe survient, un centre de commande communal se met en place pour orchestrer les secours. Ces communes disposent de plusieurs centres d’hébergement équipés, offrant non seulement un abri, mais également des services essentiels tels que la nourriture, les soins médicaux et un soutien psychologique. En collaboration étroite avec des organisations humanitaires locales et internationales, elles assurent un soutien continu en fournissant des ressources supplémentaires. Les équipes locales évaluent rapidement les dégâts pour répondre aux besoins immédiats des sinistrés et planifier efficacement la reconstruction, mobilisant des fonds d’urgence et coordonnant l’aide logistique nécessaire à la reconstruction des habitations et des infrastructures.

Mais dans ce pays des Gnassingbé, où la corruption et le détournement de denier public demeurent la chose la mieux partagée au somment de l’Etat, rien de tout cela n’existe.

Lire aussi : Togo- Le sulfureux OLAM brade le coton, le DG de la NSCT menace les producteurs

Les 13 communes du Grand Lomé se trouvent complètement dépourvues d’infrastructures adéquates pour faire face aux catastrophes naturelles. Malgré les milliards de fonds reçus de la part de partenaires internationaux, l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC) reste inerte sur le terrain. Jusque-là, pour le directeur de cette agence, ce sont les habitants de Lomé eux-mêmes qui sont les premiers responsables des inondations actuelles.

Author

Lisez également ces articles

Laisser un commentaire

L'alternative

Un site d’information et d’enquête sur le Togo et l’Afrique

Newsletter

Tenez vous à jour, souscrivez à notre newsletter

Dernières publications

@2024 Copyright L’ Alternative – Tous droits réservés. L’ Alternative n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes.

En savoir plus sur L'alternative

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00