Là où les organisations professionnelles de la presse ont démissionné, celles de la société civile prennent la relève. Ces dernières sont remontées contre la dernière décision de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), cette institution dont les membres, telles des marionnettes, sont téléguidés par le régime de Faure Gnassingbé pour bâillonner les journalistes.
Persécution des journalistes des médias privés, récurrence des entraves à la liberté de presse, etc. le lot des médias et journalistes victimes des abus du pouvoir politique n’a pas cessé d’accroître au Togo avec un régime réfractaire à toute critique. Les organisations de la société civile sont très préoccupées par la situation dans le pays. La dernière en date, c’est la suspension de l’émission « Auditeurs Actualités » de radio Victoire FM animée par le journaliste Joachim Agbetim, par la HAAC.
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La faute de ce dernier, selon la Gestapo de la presse togolaise, c’est d’avoir reçu Me François Boko qui a décortiqué l’indifférence du régime face aux morts dans les rangs des soldats togolais au front face aux djihadistes.
« Les autorités togolaises et les médias d’État sont restés silencieux, indifférents, insensibles et insoucieux de la situation que vivent nos militaires et les populations face à l’extrémisme violent. Seuls les médias privés ont le courage, et dans des conditions de travail très difficiles déjà, d’informer l’opinion sur la situation que vivent nos populations dans le nord du Togo », notent les organisations de la société civile.
Le refus d’équiper adéquatement et de manière efficiente les militaires qui sont sur les théâtres d’opération est la cause principale de l’avance que prennent les djihadistes sur ces derniers. C’est ce qu’a révélé Me François Boko dans l’émission.
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« Ces vérités qui sont servies à l’opinion n’ont visiblement pas plu aux autorités togolaises qui cherchent à faire de la diversion et à semer de la confusion dans les esprits ; en instrumentalisant la HAAC pour jeter leur dévolu sur la Radio et son personnel », regrettent ces organisations.
Des sanctions arbitraires que condamnent les organisations. Elles demandent la levée immédiate et sans condition de ces sanctions et la cessation de toutes les autres formes de harcèlement, de musellement et de torture morale psychologique contre les journalistes et les médias dont les lignes éditoriales sont critiques vis-à-vis de la gestion calamiteuse des richesses du pays.
« Les organisations de la société civile exigent du chef de l’État et ses collaborateurs de mettre rapidement à la disposition des militaires qui sont sur les théâtres des opérations le matériel adapté aux combats, de bonnes conditions de vie et de travail à travers des salaires et primes à la hauteur des risques encourus, et une meilleure prise en charge des blessés et des familles des militaires qui sont décédés du terrorisme », exigent-elles.
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Elles n’ont pas manqué d’appeler la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) qui fait montre d’une léthargie face à cette situation qui interpelle plus d’un. « Il est inadmissible que la CNDH soit indifférente à toutes les formes de violations des droits de l’homme dans le pays, notamment le musellement de la presse privée, les arrestations et détentions abusives et arbitraires, les contraintes à l’exil… », écrivent-ils.