Inauguré en grande pompe le 4 juin 2021 par Faure Gnassingbé et son bataclan, le DATA Center de Lomé, selon le gouvernement, est « une infrastructure critique qui revêt d’une importance cruciale dans la concrétisation des objectifs de la croissance soutenue par la transformation digitale ». Plus de trois ans après, ce complexe qui a englouti plus de 12,7 milliards de FCFA (23,7 millions de dollars), un prêt de la Banque Mondiale dans un partenariat public-privé (PPP) avec le Programme Régional Ouest-Africain de Développement des Infrastructures de Communications (West African Regional Communications Infrastructure Program ou WARCI), est devenu un fiasco sans précédent.
C’est un complexe brandi comme l’un des projets les plus ambitieux à l’ère de la digitalisation pour faire du Togo un hub technologique et digital à l’orée de 2025. Construit sur plus d’un hectare par la Cfao technologies et la sulfureuse entreprise togolaise CENTRO, le Data center de Lomé dispose de 500 m2 de surface utile dont 400m2 pour le secteur privé et 100m2 pour le gouvernement.
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Avec une puissance de 1 Megawatt redondée, le site dispose de groupes électrogènes de 1000KVA. Il devra abriter des bases de données de l’Etat, des sites internet privés et des services de cloud. Le site sécurisé regroupe les installations nécessaires au stockage, à la sauvegarde et à la distribution de données informatiques.
Il dispose d’ordinateurs, des baies de stockage, de serveurs, de routeurs, de commutateurs, des contrôleurs d’interface réseau et des kilomètres de câbles. Le complexe sert aux agences gouvernementales, aux ministères, aux FAI (fournisseurs d’accès à internet) aux hébergeurs, aux entreprises et aux particuliers.
Il appartient à la Société d’Infrastructures Numériques (SIN), une société patrimoniale gérant les actifs numériques de l’État togolais. Il est géré et exploité par Africa Data Centers (ADC), une filiale de Liquid Intelligent Technologies et vise la certification Tier-III.
Lors de l’inauguration, Cina Lawson, ministre de l’Economie numérique s’est répandue en enthousiasme en ces termes : « Au fur et à mesure que le Togo se modernise et se digitalise, des plateformes sont créées. Celles-ci doivent être hébergées dans un centre de données sécurisé et fiable. Lomé Data Centre constitue une infrastructure majeure et revêt une importance stratégique, non seulement au regard de la dynamique de croissance de notre pays, mais aussi comme un puissant levier dans l’atteinte des objectifs de la feuille de route 2020-2025 ».
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Et Attia Byll, Directrice Générale de la Société des Infrastructures Numériques (SIN) ramené du Canada par Cina Lawson, d’ajouter sa couche d’optimisme : « Les Data Centres sont des structures incontournables et des centres de connectivité pour toute région ou pays qui souhaite se développer. Dû à son importance stratégique, Lomé Data Centre est un premier élément important de la mise en œuvre de la vision nationale ».

Trois ans plus tard, le Data center de Lomé est un fiasco total
Plus de trois ans après l’inauguration pompeuse avec une forte dose de propagande, Lomé Data Center n’a jamais fonctionné et du coup aucune entreprise n’a hébergé ses données là-bas. La gestion et l’exploitation des lieux confiées à une entreprise sud-africaine pour 5 ans n’a pas fait long feu. L’entreprise Africa Data Center a jeté l’éponge. Un autre groupe, DAMAC Data Centre, a été appelé à la rescousse. Au bout de quelques mois, ils ont aussi plié bagages.
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Et depuis, ce Data center qui a englouti presque 30 millions de dollars de la Banque mondiale que le Togo est tenu de rembourser avec intérêt, est sans activité si ce n’est Mme Attia Byll responsable de la SIN au ministère de l’Economie numérique qui envoient ses collaborateurs sans expérience et incompétents bidouiller les serveurs.
Cette dernière ramenée du Canada par Cina Lawson à la tête de la SIN (Société d’Infrastructure Numérique), s’est fait entourer comme on sait le faire au Togo, d’amis et proches incompétents dont la plupart ne parle pas l’anglais, une langue indispensable dans le secteur des données numériques.
Selon plusieurs informations recueillies par la Rédaction, le site est très mal conçu et présente d’énormes défauts. Les équipements commandés ne répondent malheureusement pas aux normes et depuis ils sont obligés de faire des travaux de rafistolage à l’intérieur qui n’en finissent pas. Malgré cette situation catastrophique, les grosses cuves installées dans le jardin du site reçoivent chaque semaine plusieurs milliers de litres de carburant pour faire tourner les groupes électrogènes, alourdissant ainsi l’ardoise financière d’un dispositif non fonctionnel.
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Et pourtant le gouvernement togolais comptait sur ce Data center pour héberger les données publiques à cette ère de dématérialisation et particulièrement l’ANID (Agence Nationale d’Identification) qui doit centraliser les données de la population. Il est donc clair que sans le fonctionnement, Lomé Data Center, le projet ANID ne pourra véritablement pas fonctionner ainsi que d’autres.
L’Echec de ce projet de presque 14 milliards de FCFA est non seulement imputable au gouvernement de Faure Gnassingbé dont la marque de fabrique est la corruption, les retro commissions, mais aussi la Banque Mondiale qui continue en Afrique d’injecter de l’argent dans les projets foireux, aggravant la dette des Etats et donc la souffrance des populations.
Le fiasco de ce projet vient allonger la liste des projets sans lendemains ou mal exécutés lancés par Faure Gnassingbé en 20 ans de pouvoir. Quant à Cina Lawson, l’éternelle ministre de l’Economie numérique qui cumule plus de 12 ans au gouvernement sans aucun résultat palpable, elle ne risque absolument rien.
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Ainsi va la République, pardon, la monarchie.