Un bras de fer se déroule actuellement au Ghana entre le parti NDC du candidat John Mahama et la Commission Électorale (CE) dirigée par Jean Mensa, très contestée. Le NDC dénonce des fraudes sur le fichier électoral et accuse la CE d’avoir ajouté des noms fantômes au registre avant les élections de décembre prochain. Le parti en appelle à un audit indépendant et prévoit également une grande manifestation le 17 septembre prochain.
« Ça suffit », lance le NDC avec un ultimatum à l’encontre de la CE. Le parti de John Mahama organise une manifestation le 17 septembre dans le pays pour dénoncer les irrégularités sur le fichier électoral et exiger une transparence du processus électoral ainsi qu’une fiabilité dans l’exercice de la Commission électorale. La manifestation va débuter au rond-point Kwame Nhrumah et chuter au siège de la Commission européenne où le NDC va présenter une pétition.
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Il ressort des récentes sorties publiques du NDC que le NPP est complice des actions de la CE pour truquer les élections prochaines. Le parti accuse la commission d’avoir ajouté 50.000 noms fantômes au registre électoral et prend le soin de décrire le siège de l’institution étatique comme « une scène de crime ».
A cet effet, il exige un audit non négociable du registre des électeurs, la soumission des conclusions dudit audit et une nouvelle publication de registre après l’audit. D’après le Directeur des élections du NDC, Edward Omane Boamah, seul l’audit peut apporter des éclaircissements nécessaires et préserver la crédibilité du processus électoral.
La Commission électorale a tout d’abord accepté de faire l’audit, puis appelle John Dramani Mahama du NDC à la table de discussions en lieu et place d’une manifestation comme cela a été annoncé.
« La CE estime que le meilleur moyen de garantir la crédibilité et l’intégrité du registre électoral de 2024 est la table des discussions, et non la rue. Descendre dans la rue ne garantira pas un registre crédible. Cela ne fera que provoquer des tensions et des soupçons qui ne sont pas justifiés. Nous appelons l’ancien président, Son Excellence John Mahama, un homme d’État éminent et respecté de la République, à encourager et à amener son parti à la table des discussions, car c’est le meilleur endroit pour aborder les problèmes et établir la vérité concernant le registre électoral. Nous sommes convaincus que l’ancien président entendra nos appels et fera tout ce qui est en son pouvoir pour amener son parti à la table des discussions. De notre côté, nous assurons au NDC un processus transparent qui lui démontrera que toutes ses préoccupations ont été résolues ». Voilà les déclarations de Samuel Tettey de la divisions des Opérations à la CE qui réitère la volonté de l’institution à coopérer avec le NDC.
Après avoir réfuté les allégations du NDC sur l’inscription des noms fantômes sur la liste électorale, la CE estime que les irrégularités énoncées par le NDC ne sont que des erreurs qui peuvent être corrigées conformément aux dispositions de la Constitution de 1992.
« Nous avons également pris note des commentaires du NDC faisant allusion à des noms fantômes dans le registre. Nous sommes conscients qu’il peut y avoir des personnes décédées sur le registre car plusieurs personnes meurent chaque année. L’un des principaux objectifs de la publication de la liste est de permettre aux proches des morts d’initier le processus de suppression de leurs noms du registre. Le NDC a indiqué qu’il avait identifié quelque 50 000 personnes décédées sur le registre. La Commission a de nouveau demandé les détails des 50 000 personnes décédées et a assuré au NDC qu’elle travaillerait avec l’Assemblée du District et le Registre des Naissances et des Décès pour effacer les noms du Registre. Comme pour les données sur les divergences identifiées par le NDC, nous n’avons pas encore reçu la liste des morts. »
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Les noms fantômes sur la liste électorale ne demeurent pas la seule préoccupation du NDC. «Le dernier problème mais non le moindre, ce sont des fichiers corrompus. Lorsque vous ouvrez un fichier, vous ne trouvez ni la photo, ni le nom, ni l’âge…», a déclaré Dr Edward Omane Boamah.
Il soutient également que le NDC a découvert 15.000 voies de transfert d’électeurs non identifiables; 3.957 électeurs inscrits en 2023 étaient absents du registre de 2024; 2.000 électeurs non identifiés mais qui sont inscrits sur la liste. Il insiste ne vouloir qu’une chose, « un registre électoral crédible, solide et inclusif ».
Ci-dessous l’intégralité de la sortie de la Commission électorale après les sorties du NDC
Déclaration intégrale de la Commission électorale
La Commission a tenu une réunion avec le Congrès national démocratique (NDC) le vendredi 6 septembre 2024. La réunion a été l’occasion pour le NDC de présenter ses préoccupations concernant le registre électoral provisoire. Comme vous le savez peut-être, le registre électoral provisoire a récemment été exposé dans le cadre des processus menant à la préparation du registre électoral définitif avant les élections générales de 2024.
Dans sa présentation, le NDC a indiqué avoir identifié cinq problèmes avec le registre. Le NDC a en outre souligné que les préoccupations qu’il a identifiées justifieraient que la Commission électorale accepte un audit du registre électoral pour apaiser les craintes des parties prenantes. En outre, le NDC a demandé une nouvelle exposition du registre électoral.
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La Commission a informé le NDC que les divergences qu’elle avait détectées n’étaient pas nouvelles. Elle a noté qu’elle avait détecté les mêmes problèmes et qu’elle avait pris des mesures pour les corriger. Elle a réitéré que l’essentiel de l’exercice d’exposition était de répondre à toutes les préoccupations concernant le registre provisoire des électeurs et a assuré au NDC que les problèmes identifiés étaient en train d’être résolus. La Commission a assuré au NDC que les problèmes qu’elle avait énumérés étaient des problèmes typiques pour lesquels la loi avait prévu des solutions, comme indiqué dans l’Instrument constitutionnel sur l’enregistrement des électeurs (CI 91 tel qu’amendé par CI 126).
La Commission a expliqué que la loi prévoyait que des divergences surviendraient à la suite d’un exercice d’inscription et prévoyait des solutions pour corriger ces divergences, notamment les suivantes : •Inclusion de noms omis •Contestation des noms d’électeurs non qualifiés sur le registre •Suppression des noms d’électeurs décédés du registre •Remplacement de cartes d’électeur de mauvaise qualité ou endommagées •Correction de l’orthographe erronée des noms •Correction des codes de centre d’inscription erronés Bureaux de vote égarés •Modification d’autres détails d’inscription (par exemple, l’âge, le sexe, etc.) à la suite d’une erreur administrative.
Ces divergences, a indiqué la Commission lors de la réunion, étaient toutes en cours de résolution. La Commission a de nouveau souligné que l’essence de l’exercice d’exposition était de corriger toute divergence dans le registre provisoire des électeurs avant qu’il ne soit finalisé pour les élections générales.
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La Commission a expliqué l’approche en quatre volets qu’elle avait adoptée pour résoudre les divergences dans le registre provisoire des électeurs depuis 2020.