Selon la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), à la fin 2023, la dette commerciale extérieure du Togo s’élevait à 491, 69 milliards de FCFA, constituant la plus grande part de ses dettes externes, après les prêts multilatéraux qui représentaient 34,4% du total.
Le principal créancier, la China Eximbank, détient 46,66% de la dette commerciale, soit 229, 44 milliards de FCFA, suivie de la Société Générale 15,1%. Cette dernière, outre les crédits pour le préfinancement de certaines infrastructures routières et numériques, a levé des fonds dans le cadre des efforts de reprofilage de la dette entre 2019 et 2020.
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Un financement de 147 millions d’euros remboursable sur 10 ans avec un différé de 2 ans à un taux d’intérêt de 4,54% par an, a été accordé pour le remboursement anticipé de dettes avec la BOAD et Ecobank.
Pour tout dire, la Société Générale devenue la propriété de l’État béninois, tient une partie assez importante de la dette commerciale extérieure du Togo.
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE, Patrice Talon va exercer une pression sur le Togo
La Société Générale, une banque française installée depuis des décennies en Afrique, est dans un processus de désengagement du continent. Elle s’est déjà débarrassée de plusieurs de ses filiales reprises par des États ou des privés.
C’est dans ce cadre que le 30 juillet 2024, elle a annoncé par un communiqué depuis Paris, un accord avec l’État béninois : « Société Générale a signé un accord avec l’État Béninois qui prévoit la cession totale des parts du groupe (93,43%) dans la Société Générale Bénin, incluant sa succursale Société Générale Togo. Selon les engagements pris, l’État Béninois reprendrait la totalité des activités opérées par cette filiale, ainsi que l’intégralité des portefeuilles clients et l’ensemble des collaborateurs de cette entité ».
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La Société Générale Benin et sa succursale du Togo sont devenues depuis la propriété de l’État Béninois. Le Président béninois, Patrice Talon n’a pas voulu que cette importante banque tombe dans les mains du privé. Pendant qu’au Togo, Faure Gnassingbe ” le visionnaire ” (sic) brade les banques togolaises dans des conditions assez opaques, ailleurs on les rachète dans le giron de l’État.

En prenant le contrôle total de la Société Générale Bénin et sa succursale du Togo, l’État béninois hérite des 15,1% de la dette commerciale extérieure du Togo. Une situation assez inédite qui oblige les deux pays dont les dirigeants ne s’apprécient guère à rentrer en discussion.
Patrice Talon se retrouve dans une situation où il dispose des éléments de pression sur son voisin de l’Ouest.
Par quel moyen l’État Béninois va-t-il recouvrir cette dette ? Selon un financier consulté par la Rédaction, Patrice Talon se frotte les mains.
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« S’il ne veut pas rentrer en discussion directe avec le Togo, vu l’état de ses relations avec Faure Gnassingbé, il va vendre la dette togolaise à une autre banque commerciale ou à une institution via un système d’affacturage et récupérer son argent. La banque acheteuse va se retourner contre le Togo en multipliant la dette par 3 ou 4 (en agrégeant des frais de courtage, commissions, intérêts, retard, etc.) », a-t-il indiqué, avant de conclure que le Togo avec son président Économiste (MBA aux USA) est dans la merde.
La question est de savoir à quoi où sont passés ces milliards de crédits dont une partie devait servir à préfinancer des travaux et à améliorer les prestations de Togocom.