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Scrutin de décembre : enjeux et défis, le Ghana à un tournant décisif

by Cidi B
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La présidence du Ghana

Politiquement instable, économiquement moyen, le Ghana est visiblement à la recherche d’un nouvel ordre de fonctionnement. Quel candidat saura lui redonner sa place de puissance économique dans la sous-région ouest-africaine et son titre de pays à l’alternance démocratique paisible ? Les défis sont énormes et les enjeux omniprésents dans tous les secteurs du pays. Quoiqu’il en soit, la présidentielle du 7 décembre va changer le destin du pays pour les quatre prochaines années en bon ou en pire. L’avenir le dira!

Actuellement sur les médias, dans les coins de rues, dans les lieux de rassemblements, ça parle politique et ça clash sévèrement entre partisans des différents partis désireux de briguer un mandat à la tête du pays en décembre prochain. La tension demeure dans le pays eu égard aux dernières manifestations du NDC concernant le fichier électoral et de la société civile sur la cherté de la vie et la fermeture du site minier Galamsey.

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A deux mois des élections, les contestations sociales se multiplient dans le pays au vu de la dépréciation du cedi, l’inflation inquiétante et l’augmentation de la dette publique.

Les enjeux économiques de la présidentielle de décembre 2024

L’avenir économique du Ghana demeure la première préoccupation des populations qui font face à l’inflation et à la dépréciation du cedi depuis plus de deux ans. Les deux candidats des majeurs partis politiques (NDC&NPP) savent qu’ils ne peuvent conquérir leur électorat sans mentionner comment ils allaient relancer l’économie du pays; ils en ont fait d’ailleurs le socle de leur campagne.

C’est un fait, l’économie du Ghana a perdu sa stabilité qu’il représentait dans la sous-région ouest africaine. Le pays fait face à la pire crise qu’il n’ait jamais connu. Le pouvoir en place a expliqué cette instabilité par les dépenses excessives liées à la pandémie du Covid-19, la guerre Ukraino-Russe et les taux d’intérêt mondiaux élevés.

Pendant que le NDC de John Mahama accuse le système Akufo-Addo de mauvaise gouvernance en lui portant la responsabilité de la dégringolade de l’économie du pays; la dette publique du Ghana s’élève autour de 742 milliards cedis mi 2024 avec un taux d’inflation à 20%. Actuellement, le pays roule en partie sur le crédit de 3 milliards de dollars que le  FMI a accordé à Nana Akufo-Addo en juin 2024.

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A l’orée de la tenue de la présidentielle de 7 décembre prochain, tous les candidats proposent un plan de  relance de l’économie nationale. Pour ce faire, l’économiste Mahamudu Bawumia qui représente le NPP veut mettre en œuvre une politique globale amnistie fiscale pour les entreprises et les importateurs sous la présidence en 2025. A l’en croire, son plan vise à faciliter la transition du pays vers un système fiscal forfaitaire où chaque citoyen serait soumis à un taux unique sur les biens et services taxables. Ce qui constitue selon lui le meilleur moyen de favoriser un environnement propice à la croissance économique et à l’investissement.

Bien que le Vice-président Mahamudu Bawumia tente de se distancier de l’héritage du système Akufo-Addo et du chaos économique qui lui est attribué, John Mahama, le candidat du NDC est là pour lui rappeler qu’il en est aussi responsable, surtout qu’il est à la tête d’une équipe de prises des grandes décisions économique du pays pendant 8 ans et que « le peuple ghanéen ne peut accorder au NPP un autre mandat après le catastrophe de leur réélection en 2020 ».

Le candidat de NDC qui se présente comme le sauveur du pays a aussi présenté un plan de relance économique qu’il fixe à 10 milliards de dollars. A en croire le parti de l’ex président, l’objectif premier de leur plan est de restaurer le Ghana comme deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest après la Côte d’Ivoire en se focalisant sur l’industrie pétrochimique et minière, la construction d’un réseau de transport routier transformationnel et les plantations de cacao et de palmiers à huile.

L’autre focus du parti est l’éradication du chômage et l’augmentation du nombre d’emplois en adoptant de nouvelles honoraires de travail favorisant trois équipes qui se relayent pendant 24h.

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Le débat sur les questions économiques du Ghana ne reste pas l’apanage des deux partis traditionnels (NDC &NPP), le reste des 13 candidats autorisés par la Commission Électorale se prononcent sur le sujet et présentent aussi leur plan de sortie du pays de la crise économique. Leur mission, briser le mythe du bipartisme au Ghana de Nana Kwame Nkrumah.

Les enjeux politiques du scrutin de décembre 2024

Sur les près de 35 millions d’habitants que constitue le Ghana, 17.027.641 sont actuellement inscrits pour voter le 7 décembre pour élire 275 députés et le nouveau président. Le pays qui a toujours connu une alternance politique paisible entre le NDC et le NPP depuis la Constitution de 1992, est à la croisée des chemins.

L’alternance s’est produite entre les deux partis après deux mandats consécutifs en 2001, 2009 et 2017. Si le NPP gagne en 2024, cette victoire va dérégler le système d’alternance établit plusieurs années déjà. Une possibilité que craint le NDC.

Les élections de 2020 ont semé des doutes au sein du NDC qui croit fermement qu’il a gagné au détriment du NPP. Cette méfiance entache encore le processus électoral en cours. Le parti de John Mahama est convaincu que le parti au pouvoir fait des manœuvres en complicité avec la Commission électorale pour truquer les élections en faveur de Mahamudu Bawumia. A cet effet, le NDC a marché dans tout le pays le 17 décembre dernier pour « dénoncer le forcing du parti au pouvoir à faire élire coûte que coûte son candidat Mahamudu Bawumia ».

En réfutant ces allégations du parti adverse, le NPP, accuse à travers de diverses sorties de ses cadres, le NDC d’être le cerveau derrière la manifestation des membres de la société civile Democracy Hub, juste pour faire le tapage dans le pays et semer le trouble dans les esprits. Une situation qui accélère des tensions verbales dans le pays et même des affrontements entre partisans des deux partis.

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L’autre particularité de ce scrutin de décembre est la provenance des deux majeurs candidats de la région du nord et qui choisissent leurs colistiers de l’ethnie Akan. Une première fois dans le pays où les deux candidats à la présidence du pays sont des nordistes, cette partie devient ainsi un lieu clé dans ce duel électoral.

Le Npp réputé très Akan a choisi cette fois un vice-président Akan pour équilibrer l’électorat nordiste de Bawumia. Quant au NDC, il a le soutien indéfectible de la région de Volta. Avec leurs bastions respectifs, les candidats des deux partis vont devoir s’arracher les électeurs dans les régions du Grand Accra, de la Centrale et de l’Ouest.

Mais les candidats du NDC et du NPP vont devoir aussi partager leur butin avec les 11 autres candidats indépendants qui ont rejoint la course présidentielle. L’un d’entre deux, Nana Kwame Bediako du mouvement « La Nouvelle Force » veut d’ailleurs briser le bipartisme qui règne dans le pays depuis plusieurs décennies. L’entrepreneur de 44 ans compte incorporer un nouveau dynamisme dans le processus électoral en revendiquant une nouvelle ère de leadership, avec sa devise, « servir la population et non la spolie r».

Le compte à rebours est déjà lancé pour la prochaine présidentielle sur le site de la Commission électorale. Il ne reste qu’une soixantaine de jours pour élire le remplaçant de Nana Akufo-Addo après les deux mandats autorisés par la Constitution. L’administration Addo chérit son héritage et énumère une trentaine de projets qu’elle a initié les quatre dernières années pour soulager le quotidien des Ghanéens et leur laisse le soin de juger ses actions, notamment :

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  1. Création de plus de 350 000 emplois dans le seul secteur public et bien plus dans le secteur privé
  • Réduction du coût de l’électricité – par rapport à l’augmentation moyenne annuelle de 45 % entre 2013 et 2016
  • En pleine pandémie de COVID-19, électricité gratuite pour les consommateurs essentiels et réduction de 50 % pour tous les autres pour les mois d’avril, mai et juin 2020
  • En pleine pandémie de COVID-19, de l’eau gratuite pour tous les Ghanéens pendant les mois d’avril, mai et juin

5. Suppression du paiement des factures de services publics par les étudiants

6. Rétablissement de la stabilité macroéconomique

• L’inflation en baisse

• Croissance vers le haut

• Baisse des taux d’intérêt

• Baisse de la dépréciation du taux de change

7. Production nationale et fourniture d’équipements de protection individuelle pour nos agents de santé

8. Réduction des droits d’importation – de 50 pour cent

9. Réduction et suppression de 15 taxes

10. Planter pour la nourriture et l’emploi – engrais subventionnés, semences et services de vulgarisation pour les agriculteurs

11. Rétablissement des allocations de formation des enseignants annulées

12. Rétablissement des allocations de formation en soins infirmiers annulées

13. Rétablissement des indemnités annulées pour les professeurs d’arabe

14. Augmentation des indemnités de maintien de la paix versées aux militaires et aux policiers de 31 à 35 dollars par jour.

15. Paiement des arriérés des enseignants qui n’ont perçu que trois mois de salaire pour plus de deux ans de travail

16. Doublement de la subvention par élève

17. Absorber le coût de l’inscription au WASSCE

18. Augmentation importante des bourses d’études accordées aux étudiants par le Secrétariat des bourses

19. Efficacité accrue de la prestation de services gouvernementaux grâce à la numérisation des services gouvernementaux tels que la demande de passeport, la DVLA, le registraire général, le renouvellement du NHIS, les achats d’électricité ECG, etc.

20. Protéger les dépôts de millions de Ghanéens sur plus de 14 millions en sauvant le système bancaire de l’effondrement

21. Sauver le régime national d’assurance maladie de l’effondrement grâce à une réduction drastique des arriérés dus aux prestataires de services

22. Paiement massif d’arriérés aux entrepreneurs routiers

23. Plus de 600 véhicules et trois hélicoptères ainsi que d’autres équipements pour les services de police

24. Un district, une usine – sur la bonne voie

25. Renaissance de l’Anglogold Ashanti

26. Renaissance de la Ghana Publishing Company

27. Renouveau de Ghana Post

28. La renaissance de nos chemins de fer

29. Programme national d’entrepreneuriat et d’innovation (NEIP)

30. Un village, un barrage – sur la bonne voie

31. Une circonscription, une ambulance

32. Livraisons médicales d’urgence par drones (le plus grand programme de ce type au monde)

33. Nation Builders Corps – 100 000 diplômés employés

34. Prise en charge des frais de formation médicale post-universitaire

35. Rétablir les allocations de recherche dans les établissements d’enseignement supérieur

36. Employer des personnes handicapées pour gérer 50 % de nos postes de péage

37. Mise en œuvre de l’enseignement secondaire gratuit

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