La situation politique du Togo caractérisée par une volonté affichée de Faure Gnassingbé et sa minorité de s’éterniser au pouvoir à tout prix, invite à des réflexions approfondies des acteurs politiques, notamment sur la pertinence des élections qui sont devenues une formalité administrative pour le régime RPT/UNIR. A ce stade, quelle pourrait être la marge de manœuvre de l’opposition ?
Les coups de force électoraux sont devenus la marque de fabrique du régime cinquantenaire et se sont d’ailleurs intensifiés depuis 2005 avec l’avènement de Faure Gnassingbé au pouvoir sur les corps de plus d’un millier de ses compatriotes, suite au décès de son père.
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A l’apogée de la contestation de la dynastie Gnassingbé en 2004, Faure Gnassingbé avec l’aide de sa minorité, s’est arrogé un score électoral absurde et a maté violemment les manifestations publiques qui ont suivi, créant depuis une psychose au sein de la population togolaise.
Toutes les autres élections qui s’en sont suivies se sont déroulées dans une atmosphère d’intimidation des citoyens et de cabales contre les adversaires politiques qui dénonçaient les mascarades orchestrées.
A cette période où toutes les Institutions intervenant dans le processus électoral au Togo, notamment la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), la Cour Constitutionnelle affichent clairement leur inféodation à Faure Gnassingbé et à sa minorité, la question de la participation de l’opposition aux élections est d’autant plus pertinente.
Sur la question, le Président du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio vient de jeter un pavé dans la mare à travers une publication sur sa page X ce 02 avril 2025.
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A l’entame de son analyse, Nathaniel Olympio a d’abord fait ressortir le nouveau projet électoral du régime de Faure Gnassingbé, celui de la tenue des élections locales avec l’annonce de la révision des listes électorales avant de poser la véritable problématique de sa réflexion : « Des partis de l’opposition togolaise, vont-ils encore participer au folklore électoral qui garantit la victoire du parti au pouvoir comme à chaque élection depuis 20 ans ? ».
Il s’agit d’une interrogation profonde qui mérite d’être traitée sans passion, mais de manière factuelle afin d’aboutir une conclusion logique.
En effet, le boycott des élections ne serait pas un évènement nouveau pour l’opposition qui l’a déjà mis en œuvre. Et il est une évidence que certains partis politiques satellitaires de RPT/UNIR et sans véritables assises n’attendent que ces situations de boycott pour accompagner le parti au pouvoir et se faire gratifier de quelques sièges aux législatives et aux locales ou d’autres privilèges aux présidentielles.
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Mais avec les dernières élections législatives qui ont démontré le renforcement de la dictature de Faure Gnassingbé, tout porte à croire que la véritable opposition politique est traitée au même titre que ces partis politiques satellitaires. C’est ce que Nathaniel Olympio relève à juste titre dans son post : « aux dernières élections, le pouvoir s’est octroyé 108 députés sur 113, et 34 sénateurs sur 41, auxquels s’ajoutent les 20 sénateurs nommés directement par Faure Gnassingbé. »
Il note par ailleurs que depuis 35 ans, l’opposition togolaise participe aux élections législatives, puis municipales sans véritables bénéfices pour la population. Plus important, depuis 3 décennies, aucune loi proposée par l’opposition n’a jamais été votée à l’Assemblée Nationale. De même, il est à noter que les maires en place depuis 6 ans, n’ont véritablement pas eu les moyens ni la liberté pour dérouler leur programme.
Au regard de ces éléments factuels, est-il pertinent que l’opposition togolaise participe à des élections organisées dans les mêmes conditions que les dernières législatives ?
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Au-delà de ces faits, le leader du Parti des Togolais fait ressortir une déduction logique de sa démarche de contestation de la nouvelle Constitution imposée par Faure Gnassingbé : « Peut-on raisonnablement contester la nouvelle constitution issue d’un coup de force et participer à des élections organisées sous l’égide de la constitution que l’on conteste sans tomber dans une incohérence ? ».
Au risque de tomber dans le jeu de distraction et de diversion orchestrée par Faure Gnassingbé et sa minorité, il faut admettre avec Nathaniel Olympio que la lutte politique mérite d’être repensée au Togo. Il est désormais évident que le régime RPT/UNIR considère les élections comme de simples formalités allant jusqu’à supprimer l’élection présidentielle au scrutin universel.
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Dans tous le cas, au Parti des Togolais, « changer de régime avant de s’engager dans des élections » devrait être la clé de voûte de la lutte politique au Togo.