L’ancien Premier ministre malien, limogé en novembre dernier par la junte au pouvoir depuis 2020, a été placé en garde à vue ce mardi au Pôle National Economique et Financier. Il y est avec certains de ses anciens collaborateurs.
L’ancien Premier ministre a été déjà auditionné une première fois le vendredi 1er août dernier. Selon les enquêteurs, Choguel Maïga est gardé cette fois-ci pour une séance de confrontations avec ses anciens collaborateurs.
« Ce placement en garde à vue survient dans le cadre d’une enquête sur les allégations d’atteinte aux biens publics par un rapport du Vérificateur général (…). Il est présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation par les juridictions compétentes », a déclaré ce mardi son avocat, Me Cheick Oumar Konaré.
La mesure de garde à vue, a poursuivi l’avocat, « frappe aussi plusieurs de ses anciens collaborateurs, notamment son ancien Directeur de cabinet, le professeur Issiaka Ahmadou Singaré, et trois anciens directeurs administratifs et financiers de la Primature ».
Selon les informations, Choguel Maïga doit être présenté devant la Cour Suprême d’abord avant éventuellement d’être placé sous mandat de dépôt.
Depuis son éviction à la tête du gouvernement, l’ancien Premier ministre, un des soutiens majeurs de la junte, s’est brutalement retourné contre les militaires, dénonçant une gestion clanique du pouvoir et des atteintes aux libertés individuelles et collectives.
La mise en garde à vue intervient dans une situation de tension où plusieurs militaires dont des officiers généraux ont été récemment arrêtés à Bamako, soupçonnés de porter atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
A Bamako où les partis politiques ont été dissous et les syndicats réduits au silence, la population retient son souffle et les regards tournés vers Kati, le quartier général de la junte à 15 km de Bamako.