Home Politique Togo- Comment Faure Gnassingbé investit le territoire de forces étrangères au détriment des militaires togolais

Togo- Comment Faure Gnassingbé investit le territoire de forces étrangères au détriment des militaires togolais

by Kossi LAMBA
351 vues 5 minutes de lecture

Excepté une reconduction continuelle de l’état d’urgence dans la Région des Savanes par un « pseudo vote » à l’Assemblée nationale, la crise sécuritaire au Togo depuis 2021 est gérée comme un petit domaine privé. L’opacité entretenue par le régime de Faure Gnassingbé sur la gestion de ladite crise préoccupe considérablement les Organisations de la Société Civile et les partis politiques du pays. Ces dernières ont tenu une fois de plus à exprimer leurs vives inquiétudes face à la présence de forces étrangères sur le territoire national, une présence dont les citoyens togolais ne connaissent aucun contour juridique et géopolitique.

Plusieurs Organisations politiques et de la Société Civile du Togo dont la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro), la DMP (Dynamique pour la Majorité du Peuple), la LDP (Lumière pour le Développement dans la Paix) et « Touche Pas A Ma Constitution », ont exprimé ce 20 juillet 2026 à travers un communiqué conjoint leur préoccupation face à la gestion faite par les autorités togolaises de la crise sécuritaire qui frappe le pays depuis bientôt 5 ans.

Lire aussi : Togo- Face au vide constitutionnel confirmé par la CEDEAO, aller à la transition par la mobilisation populaire

En effet, le régime de Faure Gnassingbé en violation de tous les mécanismes juridiques nationaux et internationaux qui encadrent la gestion d’une telle crise, ne communiquent guère sur la situation qui prévaut dans la Région des Savanes, celle qui est la plus touchée du pays.

Les Togolais sont contraints de décrypter les ballets diplomatiques entre Lomé et Ankara d’une part et Lomé et Moscou d’autre part pour comprendre ce que les dirigeants nouent de nouvelles coopérations militaires. Et sur quelles bases ? Personne ne sait !

C’est la presse internationale qui tant bien que mal révèle des brides d’informations

Le communiqué conjoint précise ceci : « La presse internationale révèle les aspects confidentiels, notamment la présence au sol de forces étrangères. C’est le cas avec de forces turques, en partie de la société militaire privée SADAT du même pays, et des forces spéciales de l’Africa Corp. A Lomé, Ankara et Moscou, le silence est total sur les effectifs et les missions. Cependant, la presse internationale évoque environ 350 personnels russes ».

Lire aussi : Togo- Tribune : Urgence de penser la complexité pour structurer notre lutte révolutionnaire

Cette gestion, identitaire du régime cinquantenaire au Togo, suscite des interrogations :

  • Pourquoi dans ce contexte sécuritaire particulier, où le rôle du citoyen est si crucial, n’y a-t-il eu aucun débat public relatif à la présence de forces militaires étrangères sur le territoire national ?
  • Ces paramilitaires ou militaires étrangers, sont-ils intégrés dans la chaine de commandement locale et placés au-dessus des officiers supérieurs togolais, alors que ceux-ci sont bien formés et connaissent mieux le terrain ?
  • Au-delà de la formation et du renseignement, ces forces participent-elles aux combats ? Si oui, est-ce de manière séparée ou intégrée avec des unités togolaises ?
  • Si les forces étrangères sont présentes aux combats, quelles mesures les autorités togolaises prennent-elles pour éviter le risque d’exactions ou de violations des droits de l’homme ?
  • Avec plusieurs centaines de personnels étrangers expérimentés, selon les médias, à combien se chiffre le coût annuel pour le contribuable togolais, et avec quelles ressources ces prestataires internationaux sont-ils rémunérés, au vu des finances très limitées du Togo ?

Face à la gravité, à la sensibilité du sujet, et au vu des nombreuses interrogations, les signataires expriment leurs inquiétudes face à « l’opacité qui entoure ces décisions stratégiques et les dérives qui peuvent en découler » ainsi que « les risques d’exactions au détriment de la population locale, comme cela se produit sur d’autres théâtres d’opération sur le continent ».

Lire aussi : Togo- WACEM : Les Indiens traitent les autorités togolaises de « faibles », Adjokou, Adama et Edoh, des compatriotes qui soutiennent l’injustice contre leurs propres frères

Pour éviter ces risques de dérive, la DMK Originale, la DMP, la LDP et le front « Touche Pas A MA Constitution » exigent :

  • l’’ouverture immédiate d’un débat public sur la présence de toute force militaire ou paramilitaire étrangère au Togo ;
  • qu’aucune force étrangère ne soit engagée dans des opérations de surveillance, d’intimidation, d’arrestation ou de répression de la population.

Elles appellent néanmoins le peuple togolais à une vigilance maximale et à renforcer la collaboration avec les forces de Défense, particulièrement dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme violent.

Author

Lisez également ces articles

Laisser un commentaire

L'alternative

Un site d’information et d’enquête sur le Togo et l’Afrique

Newsletter

Tenez vous à jour, souscrivez à notre newsletter

Dernières publications

@2024 Copyright L’ Alternative – Tous droits réservés. L’ Alternative n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes.

En savoir plus sur L'alternative

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00