Le verdict tant attendu des proches de victimes du procès du massacre du 28 septembre 2009 est connu. Le Tribunal criminel de Dixinn a reconnu coupables l’ex- chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara et co- accusés. Ce verdict diversement apprécié met fin à plusieurs années d’attente pour les parents des victimes.
Il a fallu 22 mois d’audience pour parvenir à ce verdict prononcé le mercredi 31 juillet 2024. Plusieurs accusés dont Dadis Camara, ex Chef de la junte sont reconnus coupables de « crimes contre l’humanité ». Ils écopent de lourdes peines d’emprisonnement assorties d’amendes.
La condamnation, bien qu’elle représente un soulagement pour les parents de victimes, soulève des inquiétudes. Il s’agit de la possibilité de solvabilité des indemnités fixées par le président du tribunal.
« Le président Dadis n’a pas un patrimoine qui lui permet de payer le montant fixé. Les parties civiles auraient dû se battre pour que l’Etat soit condamné. C’est l’Etat qui aurait dû payer ces indemnités. Cette décision a été dictée au tribunal. C’est une journée noire pour la justice guinéenne », fait savoir Me Jocamy Haba, le principal avocat de l’ex chef de la junte guinéenne, joint par la BBC.
En attendant, plusieurs organisations de défense de Droit de l’Homme qualifient ce verdict de “dissuasif, de “signal fort”, d'”historique”. Le sentiment que le droit a été dit dans l’affaire du massacre du 28 septembre est largement partagé.
« Aujourd’hui marque l’aboutissement d’une bataille de 15 ans, celle de la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes des événements tragiques du 28 septembre 2009 », a déclaré, Asmaou Diallo, qui a perdu son fils dans l’incident, à la BBC.
Le verdict rendu public, le collectif des avocats du président Moussa Dadis Camara n’a pas tardé à réagir. Il annonce un appel de la décision du tribunal auprès de la Cour d’Appel.
Les massacres du 28 septembre 2009 font suite à une manifestation de partisans de l’opposition guinéenne au stade du 28 septembre de Conakry, contre les projets du chef de la junte militaire au pouvoir de se présenter à l’élection présidentielle.
Cette manifestation a été réprimée dans le sang par l’armée. Selon les observateurs internationaux, au moins 157 personnes ont été tuées et des centaines ont été blessées ou sont devenues la cible de crimes sexuels.
VERDICT DU PROCÈS DU 28 SEPTEMBRE 2009 :
1) Marcel Guilavogui : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 18ans d’emprisonnement.
2) Blaise Goumou : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 15ans d’emprisonnement.
3) Paul Mansa Guilavogui : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 10ans d’emprisonnement.
4) Mamadou Aliou Keita : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 11 ans d’emprisonnement.
5) Claude Pivi : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à perpétuité, assortis de 25ans de sûreté et un Mandat d’arrêt contre lui.
6) Cece Raphaël Haba : Declaré non coupable.
7) Ibrahima Camara (Kalonso) : Declaré non coupable.
8. Abdoulaye Diaby (Ex Ministre de la Santé) : Declaré non coupable.
9) Alpha Amadou Baldé : Declaré non coupable.
10) Moussa Dadis Camara : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 20ans d’emprisonnement.
11) Aboubacar Diakité (Toumba) : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 10ans d’emprisonnement.
12) Moussa Tiegboro Camara : Declaré coupable de crime contre l’humanité. Condamné à 20 ans d’emprisonnement.
13) Feu General Mamadouba Toto Camara et Feu Colonel Sambarou Diamakan, l’action publique s’éteint à la mort.