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Togo- Plateforme industrielle d’Adétikopé : les signaux sont au rouge

by L'Alternative
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Plateforme Insdustrielle d'Adéticopé

Lancée en grande pompe le 6 juin 2021 par Faure Gnassingbé, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA)  vantée aux Togolais comme un  ambitieux projet d’industrialisation, est en train de pendre l’eau. Les signaux sont quasiment au rouge. Malgré une communication visant à polir l’image de cette structure pilotée par les sulfureux Gupta, la réalité est tout autre. Entre une gestion mafieuse des premiers responsables et le silence complice des autorités togolaises, PIA, tel un château de carte, est en train de s’écrouler progressivement.

Une crise majeure secoue la PIA

Des éléments recueillis sur plusieurs semaines révèlent une situation alarmante au sein de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), considérée et présentée comme fleuron de l’industrie togolaise. Les témoignages recueillis dressent un tableau préoccupant et alarmant. « J’ai travaillé comme agent d’entrepôt dans le département de la chaîne de valeur agricole de la PIA », confie une source. « Aujourd’hui, nous sommes au chômage suite à la fin de nos contrats qui devraient être renouvelés. Le département a déclaré une faillite de 30 milliards ».

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Cet ancien employé poursuit en détaillant la situation critique confirmant que sur les huit (08) entrepôts dédiés à la réception du soja, sept (07) sont désormais fermés. Un Seul reste opérationnel, signe d’un ralentissement dramatique de l’activité.

Nos investigations ont permis de confirmer plusieurs éléments de ce témoignage alarmant. Bien que le montant exact de la faillite soit difficile à vérifier officiellement, de multiples sources internes évoquent des pertes colossales dans le département agricole, principalement liées à la gestion du soja. Sur le terrain, la réalité est frappante : la majorité des entrepôts sont effectivement à l’arrêt, une situation confirmée par un des agents encore présent sur le site.

« La plateforme employait plus de 2 000 personnes au quotidien, ces jeunes gagnaient au minimum 50.000 francs par semaine », rappelle notre source. Aujourd’hui, ces travailleurs, principalement des jeunes, se retrouvent sans revenus, plongeant de nombreuses familles dans la précarité.

Cette situation contraste fortement avec l’image de réussite économique longtemps projetée par la direction de la PIA. Elle soulève de sérieuses questions sur la gestion de cette plateforme industrielle, censée être un moteur de développement pour le Togo. Nos sources indiquent que cette crise couvait depuis plusieurs mois, des signaux d’alerte ayant été systématiquement ignorés.

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La situation des employés recrutés par  RMO et CONSEIL REUNIS

Les employés recrutés par la société RMO (dirigée par Mme Prisca BOA) au sein de la Plateforme Industrielle d’Adéticopé (PIA), font face à une situation alarmante, comme en témoigne une lettre collective adressée à leur direction il y a quelques semaines. Pour les employés, RMO est un réseau d’arnaque qui agit en complicité avec le responsable des ressources humaines  de la PIA pour couper les salaires en deux, en faisant prévaloir la clause de la sous-traitance.

Ceux qui, au départ avaient un salaire de 300 000 FCFA, se retrouvent aujourd’hui avec la moitié sans aucune possibilité de réclamer quoique ce soit. Outre RMO, le cabinet CONSEIL REUNIS de Monsieur Edmond Amoussou, ancien Directeur Général de l’ANPE, est également accusé des mêmes pratiques. Les principaux problèmes soulevés incluent des retards fréquents dans le paiement des salaires, une incertitude persistante concernant la rémunération des heures supplémentaires, et des inquiétudes quant à leurs perspectives en raison de contrats limitant leur accès aux prêts bancaires.

Ces conditions précaires affectent non seulement leur bien-être financier, mais aussi leur performance et leur engagement au travail. Monsieur TOUCHAR, responsable du Port Sec de la PIA préfère aller chercher les étrangers, notamment les Ghanéens deux fois plus payés que les Togolais et ses frères indiens, payés à plus d’un million par mois. Les Togolais sont maltraités, les compétences dans le pays ne sont pas sollicitées.

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De plus, les travailleurs expriment des préoccupations concernant l’inadéquation de l’assurance maladie universelle récemment introduite, en particulier pour les accidents de travail dans leur environnement à haut risque. Ils soulignent également l’absence de rémunération pendant les congés de maternité. Face à ces problèmes, les employés appellent à des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de travail et garantir le respect de leurs droits fondamentaux.

De nouvelles révélations

Dans ce contexte déjà tendu, de nouvelles révélations jettent une lumière troublante sur les pratiques d’ARISE Integrated Industrial Platforms (IIP), la société mère de la PIA, dirigée par Gagan Gupta, un personnage déjà empêtré dans d’énormes scandales financier. Selon des sources, ARISE IIP fonctionnerait comme une pyramide de Ponzi, servant potentiellement au blanchiment d’argent pour des personnalités haut placées. La manière dont les fonds sont obtenus et gérés, notamment via Africa Finance Corporation (AFC), est décrite comme « bizarre » par nos informateurs qui occupent encore une place stratégique au sein de la structure mais qui préfère lancer l’alerte afin que l’hémorragie soit arrêtée au plus vite.

Ce haut cadre de PIA-un vrai patriote-, considère que ses patrons (les Indiens)  ont une stratégie assez simple. Venir dans les pays, surfer sur des projets existants, aller vers des banques, prendre des sommes faramineuses, foirer après les projets et disparaître en laissant de dettes vertigineuses tout en prenant soins de récupérer une grande partie du « magot ».

Notre source nous révèle par ailleurs que Gagan Gupta a, au niveau des banques partenaires, des éléments sûrs et des barons qui lui facilitent les crédits. Des allégations particulièrement préoccupantes font état de l’achat de propriétés voisines à Londres par Gagan Gupta et certains dirigeants de banques partenaires, soulevant des questions sur l’éthique et la transparence de leurs opérations.

ARISE IIP, qui opère dans 11 pays africains, prétend identifier les lacunes industrielles pour créer de nouvelles industries et industrialiser des secteurs clés. Cependant, ces révélations remettent sérieusement en question la viabilité et l’intégrité de ce modèle d’affaires.

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Des arrestations déjà signalées

Une affaire de fraude et de malversations financières secoue actuellement le Groupe ARISE IIP. Au cœur de ce scandale se trouve l’arrestation au Bénin de Sudeep Singh, un responsable clé d’ARISE IIP chargé des activités commerciales au Togo et au Bénin. Singh est accusé de faux et de fraude dans une transaction impliquant un client étranger, pour un montant présumé de plusieurs millions de francs CFA.

Cette arrestation n’est que la partie visible d’un problème plus vaste. Deux autres responsables, Anurag Sinha et Amar Jeet Singh, sont actuellement en fuite, soupçonnés de malversations similaires. Ces individus auraient adopté des pratiques douteuses dans leurs fonctions, notamment des détournements de fonds et des transactions suspectes, causant des pertes financières importantes au Togo et au Bénin. L’affaire met en lumière des problèmes de gestion au sein de la PIA et du Fonds d’investissement MIFA, mettant au goût du jour les inquiétudes quant à la transparence et à l’intégrité des opérations d’ARISE IIP dans la région.

Des projets foireux

La Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), lancée avec de grandes ambitions pour stimuler l’industrialisation et le développement économique du Togo, a mis en avant plusieurs projets phares. Parmi ceux-ci, trois initiatives en particulier – le projet Soja, le projet Textile, et le Port sec – étaient présentées comme des piliers de la transformation économique du pays. Ces projets promettaient de créer des chaînes de valeur locales, de stimuler l’emploi, et de positionner le Togo comme un hub industriel et logistique régional.

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Cependant, malgré les promesses initiales et les investissements considérables, ces projets ont rencontré des obstacles significatifs dans leur mise en œuvre. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité sur le terrain soulève des questions sur la planification, la gestion et l’exécution de ces initiatives. Une analyse plus approfondie de chacun de ces projets révèle une série de défis et de problèmes qui illustrent les difficultés rencontrées par la PIA dans la réalisation de ses objectifs.

Le projet Soja : Initialement conçu pour transformer localement 200 000 tonnes de soja en huile et tourteaux, ce projet a dévié de son objectif. Au lieu de se concentrer sur la transformation locale, les responsables se sont focalisés sur l’exportation du soja brut en recourant à des méthodes de contrebande. C’est désormais par le port minéralier de Hahotoe que les Indiens, en complicité avec des autorités togolaises, chargent des tonnes de soja bio en direction des USA et du Canada.

On découvre ainsi que le port de Hahotoé ne sert pas seulement à faire partir des cargaisons de phosphates mais aussi de la contrebande de plusieurs produits contournant le cordon douanier.   

Cette obsession pour l’exportation du soja en plus des facteurs impliquant d’autres acteurs (nous y reviendrons largement sur un dossier consacré à la filière soja en chute libre) ont également eu un impact négatif sur la production de coton, avec une baisse significative de la production ces dernières années.

Par la faute de ces acteurs et la complicité du ministère du Commerce devenu bourreau des agrégateurs, la production du soja bio qui tire l’ensemble de la filière vers le haut est passé de 300 000 tonnes à 200 000 tonnes cette année.  

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Et la qualité du produit est fortement remise en cause par les certificateurs, ce qui jette un discrédit sur le pays. A la PIA, le responsable chargé de « l’Agro » a jeté l’éponge en début d’année pour le Zimbabwé.

Le projet Textile : Bien que l’exportation de vêtements “Made in Togo” ait commencé, des doutes persistent quant à l’origine des fils utilisés. Le projet semble mal structuré, avec des incertitudes sur l’utilisation réelle du coton togolais comme promis initialement. L’absence de filage sur le site de la PIA soulève des questions sur la réalisation de la transformation complète du coton local. Au Togo, la production est de 7 500 tenues par jour.

Au Bénin voisin où l’Etat est plus regardant, il y a plus de 1 000 employés par usine (2) avec plus de 20 000 tenues par jour (T-shirt de toute catégorie, tenues des enfants) en direction des USA. Et cette production se sert en totalité de la fibre du coton béninois.

Le Port sec : Malgré des ambitions importantes pour créer un hub logistique régional, le projet a rencontré des obstacles majeurs. Des problèmes de délimitation du terrain entre MSC et PIA ont entravé le démarrage effectif du port sec, compromettant son utilisation et son efficacité.

Le problème avait trouvé entre temps un dénouement. Mais selon les informations, si le management ne connaît pas un changement, ce port risque également de fermer très prochainement.

Ces projets illustrent un écart significatif entre les ambitions initiales et la réalité sur le terrain, suggérant des problèmes de planification, de gestion et de mise en œuvre au sein de la PIA. Le manque de transparence, l’improvisation apparente dans certains secteurs, et l’absence d’expertise locale adéquate semblent être des facteurs contribuant à ces difficultés.

La volonté cachée de certaines officines du pouvoir à baptiser cette zone industrielle PIA en une référence phonétique subtile à Pya, le village d’origine de Faure Gnassingbé, n’est certainement pas un porte-bonheur comme cela est le cas pour le pays depuis 60 ans. La corruption endémique du régime aidant en commençant par le sommet de l’Etat, a pour corollaire le lancement des projets foireux qui aboutissent à des échecs, notamment la construction de l’Hôtel Pefaco, un échec depuis 18 ans, le projet de marbre POMAR, une catastrophe qui a englouti des milliards, la modernisation de la TVT, le bitumage de certaines routes et bien d’autres.

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Le mode opératoire est le même. Faire venir des pseudos hommes d’affaires sulfureux qui viennent monter des projets bidons et prennent des milliards dans les banques togolaises, donnent la part de commission aux dirigeants et disparaissent dans la nature.

La PIA avec ces sulfureux indiens et leurs complices corrompus togolais au sommet de l’Etat, risque d’être un éléphant blanc si ce n’est déjà le cas.

Bon à suivre !

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