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Purge des salariés togolais de la société Bboxx-Edf Togo par le Camerounais Oudou Nsangou

by Kossi LAMBA
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le Camerounais Oudou Nsangou

Au Togo, de nombreux projets porteur de développement socio-économique sont restés inexécutés ou ont échoué à cause de l’appétit vorace d’un petit groupe d’individus et de l’incompétence des personnes placées à leur direction. La société Bboxx-Edf Togo, partenaire d’un projet gouvernemental d’électrification par kits solaires, est en train de sombrer à cause des indélicatesses d’un DG camerounais qui opère une purge systématique au sein du personnel togolais de la société.

Les faits d’exploitation et d’oppression des nationaux par les étrangers dans le milieu du travail au Togo sont constamment dénoncés, mais aucune mesure n’étant jamais prise par les autorités du pays, cela commence par être érigé en principe. Si on peut encore dans une certaine mesure comprendre le silence des gouvernants togolais en ce qui concerne les entreprises privées, il est totalement absurde que de tels comportements soient tenus dans des structures sur lesquelles le Chef de l’Etat est censé avoir une attention particulière comme la société Bboxx-Edf Togo.

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Pour mieux comprendre la situation, il est important d’évoquer la genèse de cette structure préalablement à l’exposé et l’analyse de la situation.

L’installation de la société Bboxx en 2017 fait suite au projet du gouvernement togolais dénommé « CIZO » dont l’objectif est de permettre l’accès à l’électricité aux zones rurales (soit environ 2 000 000 de personnes) par des kits solaires individuels à coûts abordables. Le 26 octobre 2018, Bboxx s’associe à la société française EDF pour donner vie à Bboxx EDF TOGO SA détenue à part égale de 50% par les deux structures. Il faut noter cet accord a été signé en présence de Faure Gnassingbé.

Dans le cadre de sa mission de fourniture de kits solaires domestiques aux populations rurales avec un accès à l’électricité et à l’eau potable par les pompes solaires, la société a ouvert plusieurs dizaines de boutiques sur tout le territoire et engagé par la même occasion des centaines de personnes comme employés. En termes de chiffres, la société a créé à date 200 emplois directs et plus de 400 emplois indirects à travers le réseau des Agents de Vente et des Apporteurs d’Affaires. Elle dispose par ailleurs d’un portefeuille d’environ 60 000 clients.

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S’agissant d’une structure partenaire d’un projet de service public (d’ailleurs, on peut découvrir sur le site internet de la société qu’elle se présente comme un service public de nouvelle génération), elle bénéficie non seulement de subventions de la part de l’Etat Togolais, mais également d’exonération douanière sur les kits solaires importés d’auprès de Bboxx Asie. Dans toutes ces conditions, il est donc évident que l’activité de Bboxx EDF Togo connaisse une croissance importante avec un chiffre d’affaires d’un montant de 5 milliards par an.

En dépit de ce chiffre d’affaires et une demande sans cesse croissante en énergie solaire (l’électricité fournie par la CEET étant de plus en plus défaillante), la société Bboxx EDF Togo procède actuellement à une vague de licenciement au sein de son personnel en évoquant des difficultés économiques. Ces licenciements créent un malaise sans précédent d’autant plus qu’ils semblent se diriger essentiellement vers les salariés de nationalité togolaise.

Pourtant le nouveau Code de Travail du Togo promeut et protège l’emploi local par des dispositions claires.

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Suivant les informations recueillies auprès des employés de la société, les problèmes de Bboxx EDF Togo ont débuté avec l’arrivée en 2021 de M. Oudou Nsangou, de nationalité camerounaise, au poste de Directeur Général. Le système managérial instauré par ce nouveau DG est totalement décrié par le personnel de la société, et en 1er rang ses proches collaborateurs du Comité de Direction constituée du DG et de 7 autres Directeurs de Département.

En une année, la société a perdu 05 Directeurs de départements, tous des Togolais qui depuis 2017 ont contribué à la croissance de la structure. Il s’agit notamment du Directeur Financier, du Directeur Marketing, du Directeur Réseau, du Directeur des Projets et de la Directrice des Ressources Humaines. En dehors de ceux-ci, une vingtaine d’Agents de Maîtrise et d’Agents d’Exécution ont également perdu leur emploi.

Dans une certaine analyse, on pourrait être amené à croire à un simple mouvement d’humeur de ces employés perdus par Bboxx EDF Togo et exonérer le DG Oudou  Nsangou si d’autres éléments beaucoup plus objectifs ne viennent pas corroborer la thèse d’un management exécrable.

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Et dans les faits, ces éléments sont légions. Actuellement Bboxx EDF Togo fait face à une situation de rupture de stock depuis le début de l’année 2023. Par conséquent, de nouveaux clients démarchés ne sont pas servis (par manque de stock) et aussi le service après-vente (remplacement des batteries et des équipements solaires dans le cadre de la garantie offerte aux clients) est médiocre. Il suffirait de mener une petite enquête auprès des clients pour s’apercevoir à quel point ces derniers sont mécontents et insatisfaits du service offert par Bboxx Edf Togo.

Cette situation prouve à suffisance un management inefficace du nouveau DG qui, sans s’en préoccuper, se vautre dans les avantages que lui procure son poste. Selon les indiscrétions, la voiture de service mis à la disposition de M. Oudou Nsangou et dont la consommation en carburant est totalement prise en charge par la société, sert également de moyen déplacement pour la famille et la belle famille du DG.

Cette société bénéficiant de subventions de l’Etat togolais et d’exonérations douanières est devenue une vache à lait pour un DG camerounais qui s’appuie sur d’autres collaborateurs étrangers pour mener la vie dure aux employés togolais.

Il est par conséquent logique de s’interroger sur les relations qu’entretient ce DG camerounais avec l’Etat togolais. Existerait-il un parapluie d’acier qui protègerait M. Oudou Nsangou à telle enseigne qu’il s’en prenne aux salariés togolais et mette en danger la viabilité d’un projet de service public qui donne accès à l’électricité et à l’eau potable aux populations rurales ?

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Au-delà du gouvernement togolais, devrait-on se tourner vers le partenaire français EDF qui détient 50% du capital de la société pour comprendre l’incroyable immunité dont jouit M. Oudou Nsangou ?

A toutes ces interrogations, s’ajoutent celles liées aux conditions de recrutement d’un étranger à ce poste ; le Code du Travail du Togo règlementant rigoureusement le recrutement d’étranger à des postes permanents. La lecture combinée des articles 52 et 53 dudit code font obligation à l’employeur qui embauche un étranger, de prendre des « mesures nécessaires en vue de la formation et du développement des compétences des salariés locaux susceptibles d’occuper des emplois de niveau équivalent à celui du travailleur étranger au sein de l’entreprise ». En plus l’embauchage d’un étranger est soumis à un visa de la Direction Générale du Travail valable pour 2 ans, renouvelable une fois.

Dans tous les cas, ce projet « CIZO » dont le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé a tenu à être au premier rang lors de son lancement, est visiblement en train de couler.

Et le naufrage n’est pas près de s’arrêter puisque le DG a dernièrement convoqué une réunion de crise pour annoncer à tout le staff que la société a des problèmes et qu’ils procéderont à des licenciements pour motif économique. La procédure a d’ailleurs déjà commencé avec le licenciement de plusieurs agents togolais à l’intérieur du pays.

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Selon des témoignages recueillis auprès du personnel, le DG de Bboxx Edf Togo préfère supprimer des postes occupés par des Togolais et par conséquent licencier des Directeurs et employés togolais ayant un contrat à durée indéterminée (CDI) et garder au sein de la société des collaborateurs étrangers en contrat à durée déterminée (CDD) en toute violation des dispositions de la législation du Travail en vigueur au Togo. « L’Etat est le garant de la promotion et de la protection de l’emploi local », article 52 Code de Travail du Togo.

Il revient par conséquent au gouvernement togolais au-delà du volet économique dont est porteur le projet « CIZO » réalisé par Bboxx Edf Togo, de tout mettre en œuvre pour protéger l’emploi des salariés nationaux au sein de cette structure.

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