Après 19 ans au pouvoir, le régime de Faure Gnassingbé s’illustre par une gouvernance chaotique, où les déclarations contradictoires et la propagande remplacent une vision claire. Entre autosuffisance alimentaire autoproclamée et succès virtuels, le Togo reste embourbé dans les promesses non tenues et les illusions entretenues.
Le Togo procédera, du 1er au 23 décembre 2024, au 5ᵉ Recensement National de l’Agriculture (RNA), une initiative censée fournir des données fiables pour orienter les politiques agricoles.
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Objectif affiché ? Valoriser les ressources agricoles et transformer durablement le secteur pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, selon un communiqué du gouvernement. Une annonce qui aurait pu passer inaperçue si elle n’avait pas ravivé une vieille promesse : celle faite en 2015 par Faure Gnassingbé lorsqu’il affirmait que le Togo avait déjà atteint l’autosuffisance alimentaire.
À l’exposition universelle de Milan, le président togolais avait fièrement déclaré : « Après avoir atteint l’autosuffisance alimentaire, le Togo vise désormais le développement de l’entrepreneuriat agricole ».
Une affirmation contredite par les réalités que vivent encore les paysans, confrontés à la précarité, à des infrastructures agricoles défaillantes, et à une gestion chaotique des filières stratégiques.
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La surenchère des contre-vérités ne s’arrête pas là. En octobre 2020, Charles Kondi Agba, ancien ministre, lançait une déclaration tout aussi absurde sur une radio locale : « Tous les Togolais mangent à leur faim ».
Une phrase qui avait provoqué l’indignation d’une population quotidiennement confrontée à la hausse des prix des denrées de base et à l’insécurité alimentaire, au point de se disputer le riz avarié sur des décharges publiques.
Cette gouvernance à tâtons repose sur une stratégie rodée : la construction de succès virtuels pour masquer l’incapacité à résoudre les problèmes réels. Ce même schéma s’applique dans d’autres secteurs.
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Le secrétaire général du gouvernement, Christian Egninam Trimua, affirmait récemment qu’il n’y avait aucun prisonnier politique au Togo. Une déclaration vite démentie par le rapport accablant du département d’État américain, confirmant l’existence d’arrestations arbitraires et de détentions injustifiées.
Après 19 ans de règne, le régime semble être rattrapé par ses propres mensonges. Les contradictions s’accumulent, trahissant l’absence de vision et une propension à privilégier la propagande au détriment de résultats tangibles.
Ce style de gouvernance a engendré une lassitude générale, un sentiment d’injustice, et une colère contenue face à l’écart criant entre les promesses officielles et la réalité vécue par les Togolais.
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La question se pose désormais : combien de temps encore ce régime pourra-t-il se maintenir en abusant d’un peuple épuisé par les discours creux ?
Faure Gnassingbé, maître des illusions, devra tôt ou tard affronter les vérités qu’il a si longtemps tenté d’occulter. Le rythme de développement enclenché par ses voisins lui sert déjà de caillou dans les souliers.
François BANGANE