Home Société Togo- Surpopulation carcérale, prisonniers politiques, détentions abusives, mensonges d’Etat,  CODITOGO interpelle le ministre Pacôme Adjrourouvi

Togo- Surpopulation carcérale, prisonniers politiques, détentions abusives, mensonges d’Etat,  CODITOGO interpelle le ministre Pacôme Adjrourouvi

by Kossi LAMBA
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Prison civile de Lomé

« Monsieur le Ministre, pour lutter contre la surpopulation carcérale, il faut libérer les prisonniers politiques, arbitrairement détenus, et non construire des prisons supplémentaires ! », ainsi la Coalition de la Diaspora pour l’Alternance et la Démocratie (CODITOGO) interpelle le ministre Pacôme ADJROUROUVI dans une lettre ouverte adressée à ce dernier le 17 décembre 2024.

La journée internationale des Droits de l’Homme, célébrée le 10 décembre, date anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, a été l’occasion pour plusieurs gouvernements, Organisations politiques et de la Société Civile de mener des réflexions sur le thème retenu : « Nos droits, notre avenir, maintenant ».

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A cette occasion, le gouvernement togolais comme à son habitude, a publié un communiqué totalement dépourvu de remise en cause et en se jetant presque des fleurs. Dans ce communiqué émanant du ministère des Droits de l’Homme, de la Formation à la citoyenneté et des relations avec les Institutions de la République, il est indiqué que le Togo a « enregistré des avancées notables en matière des Droits de l’Homme sur le plan juridique notamment à travers sa loi fondamentale adoptée le 06 mai 2024 ».

Le même communiqué précise que face à la surpopulation carcérale, le gouvernement togolais s’est inscrit dans la construction de nouvelles prisons à l’instar de celle de Kpalimé et d’une autre en projet sur un site déjà retenu au niveau de la localité de Dalavé, située dans la banlieue Nord-est de Lomé.

Ce dernier élément du communiqué a particulièrement retenu l’attention de la  Coalition de la  Diaspora pour l’Alternance et la Démocratie (CODITOGO) qui, de son côté, a tenu une journée de réflexion le 10 décembre 2024 sur le sujet « prisonniers politiques au Togo, nous ne devons pas les oublier ».

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CODITOGO a donc envoyé une lettre ouverte au ministre des Droits de l’Homme, Pacôme Adjrourouvi pour lui faire part des solutions immédiates, viables, justes et démocratiques au problème de surpopulation carcérale que le ministre a lui-même clairement reconnu dans son communiqué.

A cet effet, CODITOGO fait comprendre au ministre que « la construction de prisons supplémentaires n’a jamais été une solution adéquate à la surpopulation carcérale » et que « la lutte contre la surpopulation carcérale ne doit pas s’arrêter à cette seule préoccupation formelle de prisons pleines ».

Pour ce faire, le régime de Faure Gnassingbé a été vivement convié à :

  • Arrêter les dépôts systématiques en prison et cesser les détentions préventives abusives et prolongées,
  • Adopter et mettre en œuvre des mesures alternatives aux poursuites et à la détention,
  • Adopter et mettre en œuvre une réelle politique de réinsertion post carcérale,
  • Garantir aux citoyens togolais une justice indépendante avec des magistrats conscients de leur serment.

Dans cet exercice aux fins de convaincre le ministre togolais de l’impertinence des actions de son gouvernement en matière des Droits Humains, CODITOGO lui rappelle les déclarations de l’actuel Haut-Commissaire des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), M. Volker Türk, le 10 décembre 2024 sur la détention provisoire : « la détention provisoire automatique va à l’encontre des principes fondamentaux des Droits Humains ; elle ne doit pas être une pratique généralisée… ».

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Et pourtant, la détention provisoire est bien généralisée au Togo ; au point où plusieurs dizaines de personnes sont en détention provisoire dans les prisons togolaises depuis plus de 07 ans. Et il s’agit principalement de personnes emprisonnées pour avoir exprimé clairement leur contradiction avec la politique de Faure Gnassingbé.

Malgré l’évidence de l’opposition des pratiques du régime togolais à la position des Nations-Unies, le ministre Pacôme Adjrourouvi relevait également dans son communiqué que le « Togo collabore avec les différents mécanismes onusiens et africains de promotion des Droits de l’Homme avec qui il entretient un dialogue constructif ».

Sur ce énième mensonge du gouvernement togolais, CODITOGO a rappelé au ministre le mépris permanent de son gouvernement à l’égard de plusieurs décisions judiciaires des « instances supranationales, africaines et onusiennes » qui lui demandaient expressément de libérer des personnes détenues :

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  • Décisions du Groupe de travail des Nations-Unies en 2014 pour la libération de Kpatcha Gnassingbé et autres et en 2023 pour la libération de Abdoul Aziz Goma et autres ;
  • Décisions de la Cour de Justice de la CEDEAO en juin 2023 ordonnant la libération de Akoshi Sakibou et 9 autres personnes et en novembre 2023 ordonnant la libération d’Adam Latif et 14 autres personnes.

En appelant en conclusion à la libération immédiate de toutes personnes arbitrairement détenues dans les prisons du Togo, la lettre ouverte de  CODITOGO a insisté sur un élément simple et basique que le ministre pourrait aisément comprendre : la libération des détenus politiques et autres « ne coûtera le moindre sou » au gouvernement « alors qu’il faut des millions de francs [du contribuable togolais] pour la construction d’une prison ».

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