Malgré le retrait des trois (03) principaux Etats du sahel confrontés aux attaques terroristes, notamment le Niger, le Mali et le Burkina Faso, la zone CEDEAO demeure sous la menace constante de groupuscules armés dont l’objectif est visiblement d’atteindre le Golfe de Guinée. Face à de telles menaces, la CEDEAO est-elle capable de relever seul ce défi sécuritaire ?
A la 66ème rencontre ordinaire des Chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEDEAO tenue le dimanche 15 décembre dernier à Abuja, la question sécuritaire s’est naturellement invitée à la table des discussions. Ce n’est plus un secret pour personne que l’Afrique de l’Ouest est depuis plusieurs années ciblées par de nombreux groupes armés affiliés à l’EI ou l’Aqmi.
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En quittant le navire de la CEDEAO, le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui sont les principaux Etats subissant ces assauts, ont quelque peu redessiné la carte de la présence terroriste dans l’espace géographique de l’organisation communautaire. Cependant, d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana et surtout le Togo sont désormais devenus la cible des groupes djihadistes.
La partie septentrionale du Togo est sans répit pris d’assaut par des groupes armés dont les attaques sont repoussées par les Forces de Défense du pays. Même si le gouvernement du Togo a choisi de ne pas communiquer sur les évènements qui s’y déroulent, des sources bien renseignées font état de pertes en vies humaines au sein des Forces de Défense, de la population qui est d’ailleurs contrainte de déserter certains pans du territoire. Il y a également des dégâts matériels et des pertes dans le camp de ces hors-la-loi.
Du dernier sommet de la CEDEAO, il n’ya pas véritablement d’avancées concrètes sur les mesures pour contrer sérieusement la menace terroriste. On retient que la mise en place de la Force Communautaire de lutte contre le terrorisme est toujours à l’étape administrative, puisque c’est maintenant que « la Conférence instruit le Président de la Commission d’accélérer la tenue de la réunion des Ministres des Finances et de la Défense afin de convenir des modalités de dotation de la force de lutte contre le terrorisme en ressources financières ».
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Concrètement, le financement de cette force demeure le nœud du problème. Ceci étant, les Etats membres de l’Organisation demeurent jusqu’à présent seuls dans cette lutte.
Défaut de moyens financiers ou manque de volonté politique ?
Pour un certain nombre d’observateurs, l’inactivation de la force militaire de lutte contre le terrorisme relève beaucoup plus d’un manque de volonté politique qu’un défaut de budget. Ceux-ci corroborent leur analyse par des faits concrets, notamment l’empressement récent de la CEDEAO à mettre en place une force militaire pour aller rétablir le régime de Mohamed Bazoum après le coup d’Etat militaire qui a chassé ce dernier du pouvoir.
A l’époque, des réunions d’urgence avaient été organisées et les Chefs d’Etat-major de quelques Etats de l’Organisation s’étaient déclarés prêts à intervenir. Face à la montée du terrorisme, il est étonnant de ne pas observer un empressement similaire des Forces de Défense des Etats membres de la CEDEAO.
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L’unique point positif à retenir sur la question après ce sommet est que la CEDEAO semble consciente que cette lutte ne peut être menée sans une collaboration étroite avec l’Alliance des Etats du Sahel (AES) formée par les désormais ex-membres de l’organisation (Burkina Faso, Mali et Niger).