Depuis plusieurs semaines, la région de l’Est du Burkina Faso est en proie à une montée des violences des groupes armés. Si, à Bogandé, l’intervention rapide du BIR 19 a permis de neutraliser les assaillants, la situation à Pama s’est révélée bien plus critique. Ce samedi, des centaines de personnes, entre colère et déception, ont manifesté pour réclamer une sécurité renforcée, deux jours après une attaque particulièrement violente.
Dans l’après-midi du jeudi 23 janvier 2025, vers 16 heures, un grand nombre d’assaillants a pris pour cible la localité de Pama, dans la province de Kompienga, située à 133 km de la frontière togolaise.
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Selon des sources locales, plusieurs bâtiments publics, dont la mairie et le commissariat de police, ont été incendiés. L’attaque, qui s’est prolongée pendant plusieurs heures, a fait 17 morts et de nombreux blessés.
Des témoins sur place rapportent que les militaires du détachement de Pama ont abandonné leur position face au nombre important des assaillants, suscitant l’indignation des habitants, qui pointent du doigt le lieutenant en charge de la garnison.
Pour exprimer leur colère, les populations ont pris la rue, brandissant des pancartes exigeant le départ immédiat du chef du détachement militaire. « Le lieutenant de Pama joue un jeu de complicité, c’est pourquoi la population exige son départ immédiat », a déclaré un porte-parole des manifestants.
Selon certains participants, plusieurs initiatives des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ont été systématiquement bloquées par les chefs militaires locaux. « Pama a toujours su résister, mais ce sont les chefs de détachement qui trahissent notre combat », a affirmé un manifestant.
Cette manifestation met en lumière une situation alarmante : dans cette ville, durement frappée par la double crise sécuritaire et humanitaire qui affecte toute la région de l’Est, la rue est devenue le dernier recours pour se faire entendre. Qu’il s’agisse de revendications liées au ravitaillement ou à la sécurité, les protestations se multiplient.
Bien que le capitaine Ibrahim Traoré ait annoncé, le 5 janvier dernier, la création de cinq nouvelles Brigades d’Intervention Rapide (BIR), dont une à Pama, la mise en place de cette force se fait toujours attendre.
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Avec la récente attaque du 8 janvier au nord du Bénin, dans la zone du « triple point », où les terroristes ont emporté une importante quantité d’armes, l’Est du Burkina Faso vit désormais sous une menace constante.
Pama, dont la moitié du territoire est composé de réserves fauniques devenues des bastions de groupes armés, reste particulièrement exposée aux incursions des djihadistes, écumant le parc W-Arly-Pendjari.
François BANGANE