Ils sont près d’une centaine dans les prisons du Togo. 9 d’entre ces prisonniers politiques ont déjà trouvé la mort dans les liens de la détention à cause d’actes de torture qu’ils ont subi. Les cadavres de 8 détenus actuellement à la morgue. Malgré la décision de la cour de justice de la CEDEAO, les appels des organisations nationales et internationales à libérer ces personnes qui n’ont fait qu’exprimer leurs opinions sur l’état de déliquescence avancée dans lequel se trouve le Togo, le régime de Faure Gnassingbé décide de les maintenir en prison.
Parmi ces Togolais injustement incarcérés dont certains sont torturés, se trouve Monsieur Karrou Wawim, détenu politique depuis décembre 2018, sans jugement, et actuellement en réanimation. Son état se dégrade de jour en jour.
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Selon des sources familiales et pénitentiaires, documentées par la Coalition de la Diaspora Togolaise pour L’Alternance et la Démocratie (CODITOGO), Karrou Wawim, admis depuis plusieurs mois au cabanon du CHU SYLVANUS OLYMPIO à Lomé, vomit avec des caillots de sangs, présente de sérieuses difficultés hépatiques et gastriques, en plus d’une fatigue générale.
« Plusieurs associations au Togo et dans la Diaspora ont constamment alerté les autorités togolaises sur l’état de santé de Karrou Wawim et ses codétenus qui ont tous souffert d’actes de torture au moment de leurs arrestations et dans différentes unités de garde-à-vue », indique CODITOGO dans son alerte.
Et l’organisation d’ajouter : « En novembre 2024, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) et l’avocat de Monsieur Karrou Wawim ont à nouveau tiré sur la sonnette d’alarme et indiqué que son état de santé était incompatible avec le milieu carcéral et qu’il nécessitait une prise en charge adéquate, au risque de se dégrader. Ce cri n’a pas été entendu ».
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Un autisme, un mépris et du cynisme des autorités togolaises que dénonce et condamne la coalition, soulignant que le désir effréné du régime de Faure Gnassingbé de conserver le pouvoir politique avec pour corollaire la mise sous éteignoir des voix dissonantes, ont complètement déshumanisé le milieu pénitencier, en lui ôtant toutes ses vertus correctionnelles et de réinsertion sociale.
« CODITOGO interpelle pour une énième fois : Faure Essozimna Gnassingbé, chef de l’État, premier magistrat, responsable du bon fonctionnement des institutions de la République, Mipamb NahmTchougli, Garde des Sceaux, Ministre de la justice, Essolizam Poyodi, Procureur Général près la Cour d’appel de Lomé, Talaka Mawama, Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Lomé, Abli Poutouli, Doyen des Juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Lomé », ajoute l’organisation qui rend d’office responsables toutes ces personnalités de cette situation gravissime inacceptable et de ce qui adviendra à Monsieur Karrou Wawim.
CODITOGO rappelle en outre que la cour de justice de la CEDEAO, dans son arrête N°ECW/CCJ/JUD/45/2023 du 30 novembre 2023, a ordonné « à l’État du Togo de procéder immédiatement et sans délai à la mise en liberté » de Karrou Wawin et 14 autres de ses codétenus, et à leur verser une somme de 30 millions de francs CFA « en réparation du préjudice moral subi pour la violation de leurs droits ».
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Mais l’Etat togolais ne s’est jamais exécuté, malgré un délai de trois mois que la Cour lui a donné.
Même la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Lomé, dans une décision N°158/2020 du 18 novembre 2020, « avait enjoint au magistrat instructeur de faire diligenter une enquête sur les allégations de torture, de traitements inhumains et dégradants infligés à Monsieur Karrou Wawim et ses codétenus dans les différentes unités de détention ou ils ont été retenus. Cette décision n’a jamais été exécutée et ce, en violation des règles de la procédure pénale ».
« C’est dans ce contexte morbide, de désespoir, empreint d’énormes irrégularités, de violations des droits et de la règle de droit, que Monsieur Karrou Wawim et ses codétenus doivent comparaitre le lundi 03 février 2025 devant la Cour d’Assises de Lomé pour être entendus et jugés sur de prétendus faits de complot contre la sécurité intérieure de l’État, groupement de malfaiteurs, troubles aggravés à l’ordre public et destructions volontaires », informe CODITOGO.