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Du Gabon au Togo : ce que le procès des collaborateurs d’Ali Bongo révèle sur Faure Gnassingbé et sa minorité pilleuse

by Kossi LAMBA
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Procès au Gnabon

L’opulence dans laquelle vivent ces familles qui prennent en otage les Etats par une gouvernance sempiternelle de père en fils en Afrique alors même que leurs concitoyens végètent dans la misère, traduit un système de corruption, de détournement de fonds publics à ciel ouvert. Le procès des collaborateurs d’Ali Bongo en cours actuellement est révélateur de ce que Faure Gnassingbé et sa minorité cachent au Togo.

S’il y a une évidence qui lie l’actuel pouvoir de Lomé et à celui que Clotaire Oligui N’guema a renversé le 30 Août 2023, c’est l’accaparement du pouvoir politique par une seule famille.

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Faure Gnassingbé tout comme Ali Bongo au Gabon, a hérité du fauteuil présidentiel à la suite du décès de son père qui a régné durant 38 ans. Les deux « héritiers d’Etat » entretenaient d’ailleurs de très bonnes relations avec de fréquentes visites de Faure Gnassingbé au Gabon.

Dans de telles circonstances, la gouvernance au sommet des deux Etats est similaire avec pour objectifs la conservation du pouvoir et des avantages qui y sont liés.

Quand Faure Gnassingbé a passé les 20 ans de son règne à installer et organiser une minorité pour s’accaparer des richesses du Togo, Ali Bongo pour sa part a mis en place sa « Young Team », c’est-à-dire un cercle de jeunes qui pillaient les ressources publiques et vivaient dans une opulence insolente.

A l’heure de la réédition des comptes ou plutôt du procès de cette « Young Team » gabonaise, le monde entier est en train de découvrir le terrorisme économique que certains citoyens peuvent orchestrer dans leur propre pays.

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Le procès en cours au Gabon où plusieurs membres de la minorité d’Ali Bongo font face aux juges, révèle la manière dont l’argent public est détourné sur des comptes privés, et surtout les flux illicites de capitaux que des agents de l’Etat peuvent organiser en toute impunité.

A titre d’illustration, M. Ali Mohamed Saliou, Chef de cabinet adjoint d’Ali Bongo, touchait un salaire mensuel estimé à plus de 80 millions de francs CFA et des primes de 100 à 400 millions de francs CFA. Ce jeune de moins de 35 ans s’est constitué une petite sacoche de bracelets montre estimée à 1,4 milliards de francs CFA et un patrimoine de plusieurs villas au Gabon.

Les biens de ce jeune homme sont estimés à plus de 8 milliards de francs CFA. D’autres membres de cette « Young Team » comme Ghislain Ngounou, ancien Chef de cabinet de Nourredine Bongo, et Ella Ekogha Jessye, Directrice de la communication présidentielle  sont également inculpés.

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Il faut noter que c’est seulement en 14 ans de règne que Ali Bongo a réussi à organiser ce système de détournements de fonds publics au détriment de la nation.

Or depuis plus de vingt (20) ans, le même constat est établi au Togo. Faure Gnassingbé a installé une minorité de personnes autour de lui. Et avec cette minorité, ils pillent allégrement les richesses du Togo.

Malgré les rapports constants de certaines institutions de la République, les dénonciations d’Organisation de la Société Civile, les scandales financiers révélés par les journalistes, Faure Gnassingbé continue de protéger sa minorité.

Le désormais « Président du Conseil des Ministres » organise une opacité autour des recettes de l’Etat. Et dans le même temps, cette minorité qu’il reconduit tant que lui-même garde le pouvoir ne cesse de s’enrichir.

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Faure Gnassingbé et sa minorité refusent systématiquement de se soumettre à l’obligation constitutionnelle de déclaration publique de leurs biens.

Que cachent-ils si ce n’est les milliards de francs détournés des comptes de l’Etat ?

Avec les similitudes entre la gouvernance de Faure Gnassingbé et celle d’Ali Bongo, il ne faut pas être un génie pour établir les déductions évidentes des révélations du procès en cours au Gabon.

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L’onde de choc que produisent les sommes détournées par la « Young Team » gabonaise est insignifiante par rapport à celle d’un audit du patrimoine individuel de la minorité de Faure Gnassingbé au Togo.

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