Avec l’extension des installations du Port Autonome de Lomé, il a été interdit aux opérateurs l’extraction du sable marin en vue préserver également le littoral. Pour combler le manque à gagner de ces sociétés qui opèrent dans le domaine, le PAL a remis 250 millions de francs CFA au ministère de l’Energie et des Mines pour l’achat d’un autre site. Où est passé cet argent ?
« Le port maintient dans ces livres au bilan une avance de 250 millions accordée au ministère des Mines et Énergies (aide demandée pour l’achat de nouveaux sites de sables siliceux dans la préfecture de Zio) en mai 2011 », a découvert l’audit.
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Aucune trace de cet argent. Ce qui a poussé les auditeurs à demander que « cette créance soit comptabilisée comme une perte ».
Autre scandale. Une grande partie des revenus du port est sous-facturée du fait d’une mauvaise informatisation (manque d’interface) des revenus du port. Pourtant, le PAL paie grassement ACL, une société qui s’occupe de logiciels de facturation et qui héberge des serveurs de secours dans une villa attribuée à elle par le port.
Selon l’audit, depuis le début la collaboration avec cette société, le PAL lui a versé plus de 8 milliards de francs CFA.
« Le manque d’interface entre les différents systèmes informatiques permet d’omettre la facturation de navires entiers et de facturer des tarifs de marchandises en transit pour des marchandises en réalité destinés à la consommation locale avec un préjudice de 50 000 FCFA par conteneur pour le port », souligne le rapport.
De plus, l’audit révèle qu’« une évaluation sommaire estime la perte de revenus annuels pour le port entre 4 et 5 milliards de francs CFA. ACL garde également près de 700 millions de francs CFA dus au PAL dans le cadre de la rétrocommission de 30 % à verser ».
« Nous proposerons dans le cadre de la réforme de la gouvernance une nouvelle stratégie d’automatisation des revenus du port avec une interconnexion des systèmes opérationnels utilisés par la capitainerie du port et des systèmes de facturation du département commercial afin d’éviter toute intervention humaine dans le processus de facturation ; en ce qui concerne les rétrocommissions à recouvrer, les voies légales de recours devront être exercées en cas de refus de paiement », recommande le rapport d’audit.