Le patron du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et actuel Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara procède actuellement à des nominations au sein de son parti à quelques mois de la prochaine présidentielle prévue pour octobre 2025. Est-il en train de se baliser un chemin pour une candidature à un 4ème mandat à la tête du pays ?
Cinq années en arrière, c’est-à-dire en 2019, l’atmosphère n’était pas du tout sereine au sein du RHDP, lorsqu’à la fin de son second mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonçant ne pas vouloir briguer un 3ème mandat, avait désigné son Premier ministre de l’époque, feu Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti pour les élections. Certains cadres du parti comme Marcel Amon-Tanoh, souhaitaient la tenue de primaire à cet effet.
Lire aussi : Togo- Face à la précarité des togolais, Faure Gnassingbé opte pour des solutions infamantes et infantilisantes
A l’époque, le ministre Marcel Amon-Tanoh avait d’ailleurs démissionné de son poste au portefeuille des Affaires étrangères. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, le candidat désigné était décédé avant la tenue des élections, Alassane Ouattara est revenue sur sa promesse de ne pas briguer un 3ème mandat et a remporté les élections boycottées par l’opposition.
Le 12 décembre dernier, dans une note signée par le Chef de l’Etat, Marcel Amon-Tanoh a été nommé Conseiller spécial du président du RHDP.
De l’avis de nombreux observateurs de la scène politique ivoirienne, le retour de l’ex ministre des Affaires étrangères dans le bureau politique du RDHP est initié pour préparer la voie à une candidature d’Alassane Ouattara à un 4ème mandat à la tête du pays.
Il faut relever que le clivage entre les partisans du Chef de l’Etat ivoirien à ce énième mandat et les opposants à ce projet est bien visible. L’intéressé ne s’est pas encore prononcé explicitement sur le sujet.
Toutefois, si on s’en tient aux raisons évoquées par Alassane Ouattara pour justifier sa candidature aux présidentielles de 2020, notamment le décès inattendu de son dauphin désigné Amadou Gon Coulibaly, on devrait logiquement conclure qu’il ne participera pas aux échéances d’octobre prochain.
En 5 ans, Alassane Ouattara a dû avoir toute la latitude de préparer un candidat à sa succession au sein du RHDP et éventuellement à la magistrature suprême.
Cependant, il est prouvé que les politiciens font montre d’une logique souvent totalement aux antipodes de la logique commune. Le Chef de l’Etat ivoirien est-il prêt à lâcher le fauteuil présidentiel ?